VIDÉO. Ce que l'on sait de la libération des quatre otages français d’Arlit

Alexandre Sulzer

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Le président du Niger Mahamadou Issoufou accompagné de Laurent Fabius et des otages français d'Arlit (dont Thierry Dol et François Larribe, au centre) le 29 octobre 2013 à l'aéroport de Niamey.
Le président du Niger Mahamadou Issoufou accompagné de Laurent Fabius et des otages français d'Arlit (dont Thierry Dol et François Larribe, au centre) le 29 octobre 2013 à l'aéroport de Niamey. — AFP PHOTO / HAMA BOUREIMA

Mille cent trente-neuf jours. Un tunnel de «souffrance», selon les termes de François Hollande et, au bout, une «déferlante de joie», comme le confiait mardi soir Françoise, l’épouse de Daniel Larribe. Son mari, barbe poivre et sel broussailleuse et regard hagard, apparaissait aux côtés des ministres français des Affaires étrangères et de la Défense Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian à l’aéroport de Niamey (Niger). Lui et ses trois compagnons d’infortune, Thierry Dol, Pierre Legrand et Marc Féret, tous enlevés à Arlit au Niger par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ont enfin été libérés.

Amaigris, les quatre hommes sont, selon les autorités françaises, dans un état de santé «correct». Une source diplomatique confie qu’ils doivent voir un médecin avant de prendre l’avion pour la France où ils sont attendus mercredi en fin de matinée. Peu d’informations ont filtré sur les conditions exactes de leur libération. Laurent Fabius a simplement indiqué qu’ils avaient été libérés au Mali.

L’aide du président nigérien

Jean-Yves Le Drian a assuré qu’il n’y a eu aucune rançon ni «assaut». «Il y a eu une initiative prise par les réseaux du président [nigérien] Issoufou qui a permis une libération sans heurt.»

Selon une source sécuritaire malienne, les «dernières négociations» sur leur libération «se sont déroulées dans le désert malien». «Des notables maliens du Nord ont apporté leur concours ponctuel aux négociations.» Europe 1 précise qu’une «équipe locale est allée récupérer les otages qui se trouvaient au nord-ouest du massif des Ifoghas». Puis les otages ont été amenés en pick-up jusqu'à la ville de Kidal. C'est dans cette ville que les quatre Français ont été pris en charge par des agents de la DGSE, les services de renseignement français.

Selon le site Internet de Jeune Afrique, citant un haut gradé nigérien et un proche du président Issoufou, un hélicoptère de l'armée nigérienne aurait décollé mardi de Niamey, «en direction du Nord-Mali» où les otages étaient détenus.

Jeudi dernier, des sources sécuritaires régionales à Gao (Mali) avaient fait état de la présence d'émissaires dans le Sahel pour «accélérer les négociations en vue de la libération des otages français». Mais Paris avait «formellement démenti» l'envoi de ces émissaires. «On sentait bien que des choses se passaient», glisse à 20 Minutes un haut gradé français, basé au Mali.

Deux autres otages enlevés au Mali toujours prisonniers

Quelques autres signes positifs étaient perceptibles. Mi-septembre, une vidéo des quatre otages avait été diffusée. Marion Larribe, la fille de Daniel, avait alors constaté qu’il s’agissait d’un document supplémentaire «qui mettait en avant que la filière de négociations était installée» après avoir déjà reçu en juillet une preuve manuscrite de vie.

Pascal Lupart, président du comité de soutien de Serge Lazarevic, autre otage enlevé en novembre 2011, a quant à lui exprimé «beaucoup de joie» mais parlé d’une «catastrophe» pour cet otage ainsi que Gilberto Rodriguez Leal, lui aussi enlevé au Mali. «On se doute bien que c'est Areva qui a payé pour la libération des otages d'Arlit de la même façon que c'est EDF qui a payé pour celle de la famille Fournier [au Cameroun]. (…) Ceux qui restent aujourd'hui détenus au Mali sont des indépendants, des sans-grade qui n'ont pas derrière eux d'entreprise capable de disposer d'une manne financière pour les faire libérer. Ces deux otages-là sont donc condamnés à mourir.»