La NSA affirme que la France et l'Espagne sont à l'origine des interceptions qui lui sont attribuées

MONDE Les journaux européens auraient mal compris un document procuré par Edward Snowden...

avec AFP

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Une personne utilise son téléphone portable, le 15 septembre 2006 place de la Concorde à Paris.
Une personne utilise son téléphone portable, le 15 septembre 2006 place de la Concorde à Paris. — AFP PHOTO/FRED DUFOUR

L'empire américain contre-attaque sur le front de l'espionnage. Les révélations des quotidiens français Le Monde, espagnol El Mundo et italien L'Espresso sur l'interception de communications des citoyens européens par la NSA sont «complètement fausses», a déclaré ce mardi le patron de l'agence de renseignement américaine, le général Keith Alexander. «Pour être parfaitement clair, nous n'avons pas recueilli ces informations sur les citoyens européens», a-t-il affirmé, précisant qu'il s'agissait de «données fournies à la NSA» par des partenaires européens, lors d'une audition devant la commission du Renseignement de la chambre des Représentants.

Ces déclarations sont venues confirmer des informations allant dans le même sens du Wall Street Journal concernant les révélations ces derniers jours de plusieurs journaux européens, livrées sur la base de documents fournis par l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden. Selon ces journaux, l'agence américaine chargée des interceptions des communications avait espionné plus de 70 millions de communications téléphoniques en France et 60 millions en Espagne en l'espace d'un mois.

Mais selon le Wall Street Journal, «des responsables américains affirment que les documents fournis par Snowden ont été mal interprétés et évoquent en fait des interceptions téléphoniques réalisées par les services de renseignement français et espagnol et ensuite partagés avec la NSA».

Pas depuis le sol français

Après avoir étudié le document publié par Le Monde, les responsables américains ont déterminé qu'il avait été «assemblé» par la NSA «sur la base de données reçues du renseignement français», affirme le quotidien, citant des responsables sous le couvert de l'anonymat.

Ils ont également déterminé que ces interceptions n'avaient pas été réalisées depuis le territoire français mais depuis l'étranger. «Les données ne montrent pas que les Français ont espionné leurs citoyens en France», affirme le quotidien. Ces responsables n'ont pas été en mesure d'examiner les documents révélés par El Mundo mais sont arrivés à la même conclusion, ajoute-t-il.

Tempête diplomatique

«Les Etats-Unis veulent rétablir les faits sur l'étendue de l'espionnage de la NSA mais le faire dans ce cas risque de révéler les opérations de renseignement d'alliés, ce qui compromettrait la coopération à l'avenir, ainsi que les activités de renseignement en cours», explique encore le WSJ.

Les révélations de l'ampleur de l'espionnage de la NSA en Europe ont déclenché une tempête diplomatique dans les capitales européennes, plus particulièrement en Allemagne, où les révélations sur un espionnage d'un téléphone portable de la chancelière ont créé un choc.