NSA: Plus de 60 millions de communications espionnées en Espagne

ESPIONNAGE Le scandale des écoutes américaines se poursuit et s'étend désormais à l'Espagne...

avec AFP

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Banderole de soutien à l'ancien employé de la CIA Edward Snowden, à Hong Kong, le 20 juin 2013.
Banderole de soutien à l'ancien employé de la CIA Edward Snowden, à Hong Kong, le 20 juin 2013. — Kin Cheung/AP/SIPA

L'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) a espionné plus de 60 millions d'appels téléphoniques en Espagne entre décembre 2012 et janvier 2013, a affirmé lundi le quotidien espagnol El Mundo, alors que l'ambassadeur des Etats-Unis à Madrid était convoqué au ministère des Affaires étrangères.

L'Espagne a sommé les Etats-Unis de lui fournir les informations «nécessaires sur les supposées écoutes» réalisées sur son territoire, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

 

Selon un document présenté comme émanant de l'ex-analyste de la NSA Edward Snowden et reproduit par le quotidien El Mundo, cette agence «a espionné 60,5 millions d'appels téléphoniques en Espagne» entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013, dont «plus de 3,5 millions d'appels pour la journée du 11 décembre».

Selon le journal, la NSA «n'a pas enregistré le contenu des appels, mais le numéro de série des téléphones, le lieu où ils se trouvaient, le numéro de téléphone des cartes SIM utilisées et la durée de l'appel».

Un accord avec le journaliste Glenn Greenwald

El Mundo assure avoir obtenu un accord avec le journaliste Glenn Greenwald, détenteur des dossiers que lui a confiés Edward Snowden, pour divulguer en exclusivité la partie concernant l'Espagne de ces documents.

Le journal reproduit un graphique montrant que ces écoutes ont atteint un pic le 11 décembre, avec «plus de 3,5 millions d'appels», alors qu'aucune activité n'apparaît les 30 décembre, 1er et 2 janvier, «correspondant à une baisse substantielle du trafic de données espionnées durant les fêtes de Noël».

L'ambassadeur des Etats-Unis, James Costos, va être invité à donner des explications sur les écoutes présumées de responsables espagnols révélées depuis vendredi dans la presse, qui faisaient suite à d'autres révélations sur des activités d'espionnage américain ayant visé 35 dirigeants de la planète.

Zapatero écouté

Vendredi, le quotidien El Pais avait affirmé que la NSA aurait espionné du personnel et des membres du gouvernement espagnol, dont l'ancien Premier ministre socialiste José Luis Rodriguez Zapatero. La NSA «n'a pas seulement espionné les communications téléphoniques, les SMS et les courriers électroniques de millions d'Espagnols, elle a aussi espionné des membres du gouvernement et des hommes politiques», écrivait El Pais.

Le chef du gouvernement de droite, Mariano Rajoy, avait dans la foulée annoncé la convocation de l'ambassadeur américain à Madrid. Ce dernier devait être reçu lundi dans la matinée au ministère des Affaires étrangères par le secrétaire d'Etat à l'Union européenne, Iñigo Mendez de Vigo.

Pour autant, Mariano Rajoy avait réagi prudemment à ces révélations, soulignant qu'il n'envisage pas «pour l'instant» d'adhérer à l'initiative franco-allemande pour demander des «clarifications» à Washington sur le travail de ses services secrets et établir des règles du jeu. Il a rappelé que Madrid restait «partenaire et allié» des Etats-Unis.