Royaume-Uni: Début du très attendu procès des écoutes téléphoniques

JUSTICE Le journal fermé en 2011, est accusé d'avoir piraté les téléphones de 600 personnes dont des célébrités comme Paul McCartney et Hugh Grant...

20 Minutes avec AFP
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Le procès du retentissant scandale des écoutes téléphoniques pratiquées par l'ex-tabloïd britannique News of the World de Rupert Murdoch s'ouvre lundi à Londres, avec en accusés-stars deux proches du Premier ministre David Cameron.
Le procès du retentissant scandale des écoutes téléphoniques pratiquées par l'ex-tabloïd britannique News of the World de Rupert Murdoch s'ouvre lundi à Londres, avec en accusés-stars deux proches du Premier ministre David Cameron. — Carl Court Ben Stansall AFP

Le procès du retentissant scandale des écoutes téléphoniques pratiquées par l'ex-tabloïd britannique News of the World de Rupert Murdoch s'ouvre ce lundi à Londres, avec en accusés-stars deux proches du Premier ministre David Cameron.

Les audiences, qui pourraient durer quatre mois, vont mettre en lumière les pratiques du journal fermé en 2011, accusé d'avoir piraté depuis le début des années 2000 les téléphones de quelque 600 personnes dont des célébrités comme Paul McCartney et Hugh Grant.

Un procès embarassant pour Cameron

Plus de deux ans après la révélation du scandale, qui a éclaboussé l'ensemble de la presse, la police et la classe politique au Royaume-Uni, ce procès s'annonce embarrassant pour le Premier ministre britannique: les deux principaux accusés, parmi les huit à comparaître, sont des personnes avec qui il a entretenu des liens d'amitié ou de travail.

L'attention médiatique promet de se focaliser sur la rousse Rebekah Brooks, l'ancienne toute-puissante rédactrice en chef du News of the World qui comme son mari était une proche amie du dirigeant conservateur. Ainsi que sur Andy Coulson, lui aussi ex-rédacteur en chef du journal et ancien conseiller de David Cameron.

Les deux quadragénaires sont poursuivis pour interception illégale de communications et pour corruption de fonctionnaires dans le but d'obtenir des informations.

Tous plaident non coupables

Rebekah Brooks est en outre accusée d'avoir dissimulé des preuves aux policiers qui enquêtaient sur l'affaire. Son mari Charlie, entraîneur de chevaux de course, est poursuivi pour les mêmes faits.

Les cinq autres personnes visées par l'un ou l'autre des trois chefs d'inculpation sont deux anciens hauts responsables du News of the World, Stuart Kuttner et Ian Edmondson, l'ancien correspondant royal du journal Clive Goodman, l'assistante de Rebekah Brooks Cheryl Carter et un ancien responsable de la sécurité du groupe, Mark Hanna.

Tous plaident non coupables et comparaissent libres.

«Quelques-unes des personnalités les plus puissantes de l'histoire récente en Grande-Bretagne vont faire l'objet de ce qui a été appelé le procès du siècle. C'est une exagération, mais à peine», estimait dimanche le Sunday Times, une publication de l'empire Murdoch.

L'affaire Milly Dowler

«Quelle que soit l'issue du procès, personne ne peut avoir de doutes: après l'une des plus grandes enquêtes de police de l'histoire, le quatrième pouvoir n'est pas au-dessus de la loi», conclut le journal.

Si lundi marque l'ouverture formelle du procès, le tribunal londonien d'Old Bailey ne devrait toutefois pas rentrer avant plusieurs jours dans le vif des débats, en raison de questions d'ordre procédural.

La retentissante affaire du «phone hacking» a culminé en juillet 2011: Rupert Murdoch avait dû fermer précipitamment le News of the World, plus gros tirage de la presse anglaise vieux de 168 ans, après la révélation que le téléphone portable de Milly Dowler, une jeune fille disparue et finalement retrouvée assassinée, avait été mis sur écoute par le journal.

Parallèlement aux investigations policières, le scandale a abouti à une longue enquête publique sur les pratiques de la puissante presse britannique, menée par le magistrat Brian Leveson. Mais ses préconisations visant à mettre en place un régulateur doté de pouvoirs contraignants à l'égard des journaux, soulèvent les résistances d'une grande partie de la presse, et sont pour l'heure restées lettre morte.