Ambiance tendue à Beyrouth pour Ségolène Royal

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La candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007 en France, Ségolène Royal, est arrivée jeudi au Liban pour une visite de deux jours, son premier déplacement à l'étranger depuis son investiture.
La candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007 en France, Ségolène Royal, est arrivée jeudi au Liban pour une visite de deux jours, son premier déplacement à l'étranger depuis son investiture. — Haitham Mussawi AFP

La candidate du Parti socialiste a bien choisi son moment ! Ségolène Royal arrive aujourd’hui jeudi au Liban, à la veille d’une manifestation, à Beyrouth, à l’appel du puissant Hezbollah chiite libanais et de son allié, le général chrétien Michel Aoun. Objectif : la chute du gouvernement de Fouad Siniora, taxé par Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, et Michel Aoun d’être à la solde de Washington.

Une manifestation qui pourrait bien dégénérer. Depuis jeudi midi, la tension est montée à Beyrouth. Tous les bureaux se sont vidés, les rendez-vous de travail annulés au dernier moment. Et déjà dans les rues du centre-ville plutôt calmes habituellement des bandes à l'allure inquiétante trainent. Des coups de feu ont été tirés, faisant rejaillir la crainte d'une guerre civile.

Depuis plusieurs semaines, les deux leaders réclament une présence accrue au sein du cabinet, où ils ne comptaient, jusqu’à leur démission il y a deux semaines, que 6 ministres sur 24, en dépit d’une forte représentativité à la Chambre. Ils reprochent aussi au Premier ministre d’avoir adopté le projet d’un tribunal international chargé de juger les assassins du Premier ministre Rafic Hariri, décédé le 14 février 2005, dans un spectaculaire attentat à la voiture piégée.

Les tensions se sont encore aggravées la semaine dernière avec l’assassinat du ministre de l’Industrie Pierre Gémayel. Le clan antisyrien au pouvoir a immédiatement montré du doigt la Syrie et ses alliés libanais, parmi lesquels, le Hezbollah. Conséquence, les oppositions entre partisans ont parfois dégénéré ces derniers jours. La manifestation de demain pourrait donc elle aussi susciter quelques affrontements.

La mobilisation promet en tout cas d’être importante, Nasrallah ayant appelé à « participer massivement». Pour autant, la rue réussira-t-elle à obtenir la chute du gouvernement Siniora ? Rien n’est moins sûr… Celui-ci bénéficie en effet de l’appui inconditionnel des puissances occidentales et a réitéré sa détermination à rester en place.

Armelle Le Goff