Les soldats français à l'heure du bilan

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Le commandant en chef de l'Otan, le général James Jones, a reconnu jeudi que les forces alliées en Afghanistan, surprises par la résistance des talibans dans le sud, avaient besoin de renforts, tout en récusant toute comparaison avec la situation en Irak.
Le commandant en chef de l'Otan, le général James Jones, a reconnu jeudi que les forces alliées en Afghanistan, surprises par la résistance des talibans dans le sud, avaient besoin de renforts, tout en récusant toute comparaison avec la situation en Irak. — Shah Marai AFP/Archives

Pour aider les forces alliées à combattre les talibans dans le sud et l'est de l'Afghanistan, la France compte déployer... deux hélicoptères de plus. C'est ce qu'a annoncé Jacques Chirac hier au sommet de l'Otan à Riga (Lettonie). Ils serviront au transport de troupes ou pour les évacuations sanitaires. La France, que l'Otan a pressée – tout comme les autres pays membres – de s'engager davantage en Afghanistan, ne compte également renforcer les troupes en dehors de Kaboul qu'« au cas par cas ».

Alors que les 200 Français des forces spéciales de l'opération Enduring Freedom, sous commandement américain, devraient quitter le pays début 2007, à Kaboul, la relève des 1 200 Français de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) a commencé. Après quatre mois de service, ces soldats passent la main aux nouveaux. Le général Le Bot, chef du commandement régional de l'Otan à Kaboul pour huit mois, fait le bilan à mi-parcours avant de laisser la main aux Turcs. La vague d'attaques qui a frappé la capitale de fin août à début octobre a fait place à un calme précaire. « Aucun incident n'est à déplorer à Kaboul depuis un mois, grâce notamment à une action renforcée de la police et au plan de l'Isaf pour parer aux attaques », dit-il. La veille, le chef de la police afghane exhibait sa prise du jour, la plus importante jamais faite : l'attirail du parfait petit terroriste, dont un guide pour fabriquer des bombes. « C'est très inquiétant, confie un militaire sous couvert d'anonymat. Les terroristes se professionnalisent. »

F. V.

Plus de 3 700 personnes sont mortes dans le pays cette année dans des combats ou attentats, soit quatre fois plus qu'en 2005.