Des officiers afghans en formation accélérée

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C'est l'heure de l'entraînement au combat à mains nues. L'homme, à demi couché face à son adversaire, résiste pour ne pas se faire renverser par terre et réprime un éclat de rire. « C'est dingue, les Afghans préfèrent se casser le bras plutôt que d'être mis à terre », s'étonne le lieutenant-colonel Dampierre, ancien des forces spéciales, aujourd'hui membre de l'opération Enduring Freedom. C'est lui qui commande le détachement d'instruction des officiers de l'armée afghane. Objectif : former des officiers en dix-huit semaines. L'armée afghane, dénuée de moyens et incapable de contrôler tout le pays, compte aujourd'hui 35 000 hommes. « Il faut que dans deux ans, ils passent à 70 000 », explique Dampierre, qui doute que ce chiffre soit atteint. Le militaire afghan est finalement tombé. Il se relève, rigole et époussette son treillis.

A six kilomètres de là, dans une plaine désertique où traînent encore quelques épaves de chars russes, d'autres Français surveillent deux unités afghanes pour un exercice de reconnaissance. Elles doivent apprendre à se coordonner pour progresser jusqu'au village de Katah-Kheil, pris par l'ennemi. Une tâche d'autant plus ardue que les Afghans sont « courageux mais habitués à aller au feu tout seuls en criant “Allah Akbar”. C'est suicidaire », commente Dampierre. Des coups de feu éclatent au loin, vingt treillis se couchent, puis vingt autres. « Bien, bon réflexe », se félicite le commandant Delecloy, chef du cours tactique.

Mais l'autre défi de ces Français est ailleurs. Les Américains, qui payent la formation, font pression pour accélérer le processus. « Ils veulent que les Afghans soient formés au plus vite pour que leurs militaires puissent partir et se concentrer sur l'Irak, poursuit Dampierre. Ils sortent des tas de rapports pour pouvoir raccourcir le stage. Mais on résiste. »

Envoyée spéciale

à Kaboul, Faustine Vincent