Tout comprendre sur l’affaire de «l’Ange blond»

Vincent Vantighem

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Une fillette blonde de quatre ans a été retrouvée dans un camp rom en Grèce, le 16 octobre 2013.
Une fillette blonde de quatre ans a été retrouvée dans un camp rom en Grèce, le 16 octobre 2013. — STR/AP/SIPA

Etats-Unis, Suède, Pologne et bien sûr France. Les autorités grecques reçoivent des milliers d’appels depuis la découverte d’une mystérieuse fillette blonde, la semaine dernière, dans un camp rom du centre du pays. 20 Minutes fait le point sur cette affaire…

Que sait-on de «l’Ange Blond»?

Découverte mercredi dernier dans le camp rom de Farsala, près de Larissa dans le centre de la Grèce, la petite fille blonde aux yeux verts répond au prénom de Maria. Si la police a dans un premier temps indiqué qu’elle était âgée de quatre ans, la presse grecque affirme que des examens dentaires ont permis d’établir qu’elle en avait plutôt cinq ou six.

Aujourd’hui, c’est l’association Le sourire de l’enfant qui a pris «l’Ange Blond» en charge. Selon Panagiotis Pardalis, le porte-parole de la structure, la fillette est actuellement dans un hôpital athénien dont il n’a pas donné le nom, et elle devrait rejoindre prochainement un centre d’hébergement de l’association.

Quelle est la situation du couple de Roms qui l’hébergeait?

Le couple -un homme de 39 ans et sa femme de 40 ans- a été inculpé lundi «d’enlèvement» et placé en détention dans l’attente de son procès. Ils ont affirmé au juge que l’enfant leur avait été donné peu après sa naissance par sa mère, une Rom bulgare, parce qu’elle ne pouvait s’en occuper.

Selon la police, le couple avait enregistré 14 enfants, pour la plupart à l’aide de faux documents, ce qui lui permettait de bénéficier d’allocations familiales. Outre les accusations «d’enlèvement», les «parents» devront également répondre de «constitution de faux documents» concernant la déclaration de naissance de la mystérieuse fillette à la mairie d’Athènes.

A ce propos, le maire d’Athènes, George Kaminis, a annoncé qu’il avait limogé le directeur du registre des naissances où la fillette avait été enregistrée en 2009.

Où en est l’enquête de la police grecque?

En diffusant une photo de la fillette dimanche soir, la police grecque a déclenché un immense mouvement à travers le monde. L’association Le sourire de l’enfant affirme avoir reçu plus de 8.000 appels qu’elle a transmis à la police. «Il y a une dizaine de cas de disparitions d’enfants originaires de pays tels que les Etats-Unis, la Suède, la Pologne et la France qui font l’objet de recherches approfondies» du fait d’une ressemblance avec la fillette blonde, a encore déclaré Panagiotis Pardalis.

«La police poursuit des recherches dans toutes les directions», a déclaré à l’AFP, un représentant de la police de Larissa.

Y a-t-il des soupçons plus larges de trafic d’enfants?

La police enquête en effet auprès d’hôpitaux et de centres d’accueil sur d’éventuels réseaux de trafic d’enfants qui ont opéré, par le passé, entre la Grèce et la Bulgarie.

En 2011, alors que le trafic de bébés bulgares était en pleine expansion, une opération conjointe de la police des deux pays avait abouti à l'arrestation de dix Bulgares et deux Grecs, accusés d'avoir acheminé en Grèce 17 femmes bulgares enceintes, pour vendre ensuite leurs nouveaux nés.

Les intermédiaires empochent de 15.000 à 20.000 euros par enfant, dans ce type d'opérations réalisées entre les deux pays, selon des enquêteurs grecs cités par l'agence Ana. Le trafic de bébés est facilité en Grèce par des lacunes dans la législation sur le régime d'adoption, en particulier lorsqu'il s'agit d'enfants étrangers, relèvent des experts.