Syrie: L’opposition minée par ses divisions

MONDE Le Conseil national syrien (CNS), groupe le plus important de la Coalition de l'opposition, a annoncé qu'il n'irait pas à la conférence de Genève-2 sur la transition politique en Syrie, et a menacé de faire scission si la Coalition y assistait...

F.V.

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Georges Sabra, président du Conseil national syrien (CNS), principale composante de l'opposition syrienne, à Doha (Qatar), le 9 novembre 2012.
Georges Sabra, président du Conseil national syrien (CNS), principale composante de l'opposition syrienne, à Doha (Qatar), le 9 novembre 2012. — Osama Faisal/AP/SIPA

Les ministres de onze pays occidentaux et arabes tentent ce mardi à Londres de convaincre l'opposition syrienne de participer à la future conférence internationale, dite Genève-2, sur la transition politique en Syrie. Les Amis de la Syrie vont insister pour que l'opposition se présente «unie et forte» lors de cette conférence. Celle-ci, censée se tenir fin novembre après avoir été reportée plusieurs fois, devrait réunir des responsables du régime syrien et de l'opposition afin de former un gouvernement provisoire, et mettre fin à un conflit qui a fait plus de 115.000 morts en deux ans et demi.

Mais le Conseil national syrien (CNS), groupe le plus important de la Coalition de l'opposition, a annoncé qu'il n'irait pas à Genève, et a menacé de faire scission si la Coalition y assistait. Pour le chef du CNS, Georges Sabra, un processus de transition démocratique ne peut être entamé tant que les civils syriens sont assiégés et affamés par l'armée. Ces profondes divisions au sein de l’opposition compromettent encore plus les chances d’une sortie de crise.

La conférence de paix de Genève-2 reste suspendue à la participation d'une «opposition crédible, représentant une importante partie du peuple syrien opposé» au régime de Bachar al-Assad, a mis en garde dimanche l’émissaire de l'ONU et la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi.

La Coalition d’opposition désavouée par des groupes rebelles

Outre la question de la participation de l'opposition, la tenue de la conférence de paix bute sur l'ordre du jour: l'opposition réclame le départ d’Assad dans le cadre d'une transition. Une éventualité qui n'est pas au menu des négociations, selon le régime.

Se pose également la question de la capacité de la Coalition d'opposition à faire appliquer un éventuel accord, cette dernière ayant été désavouée par des dizaines de groupes rebelles combattant sur le terrain, dont les plus actifs. Fin septembre, d'importants groupes rebelles islamistes ont en effet annoncé qu'ils rompaient leurs liens avec l'opposition politique et qu'ils allaient former une nouvelle alliance dans laquelle figure un groupe lié à Al-Qaida.

De son côté, le président syrien a également porté un coup dur au projet de conférence Genève-2 en estimant lundi que les conditions n'étaient «pas encore réunies» pour garantir le succès des négociations. Il a aussi annoncé qu'il était prêt à se présenter à l'élection présidentielle de 2014.