Espionnage de la NSA: Hollande a appelé Obama pour exprimer sa «réprobation»

DIPLOMATIE Le président de la République a téléphoné, lundi soir, à son homologue américain, après les révélations de la presse...

avec AFP

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Photomontage de François Hollande et Barack Obama.
Photomontage de François Hollande et Barack Obama. — PHOTOMONTAGE 20 MINUTES / AFP

Coup de froid sur des relations qui se réchauffaient. Au cours d'une conversation téléphonique avec Barack Obama, lundi soir, François Hollande a fait part de sa «profonde réprobation» et dénoncé des «pratiques inacceptables» entre alliés et amis. Ce coup de fil nocturne était motivé par les révélations du Monde sur l'espionnage de dizaines de millions de conversations téléphoniques en France par les services secrets américains

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Barack Obama a reconnu de son côté que cette affaire posait des «questions légitimes pour nos alliés» mais affirme que certaines de ces informations révélées par la presse «ont déformé» la nature des activités US. Les deux président ont «convenu de travailler ensemble pour établir les faits et la portée exacte des activités de surveillance», souligne encore le communiqué français.

70 millions d'enregistrements

Selon Le Monde, l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) a effectué 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques de Français pour la seule période comprise entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013.

Les documents d'Edward Snowden décrivent les techniques utilisées pour capter illégalement les secrets ou des informations sur la simple vie privée des Français. La NSA dispose de plusieurs modes de collecte, selon le Monde. Quand certains numéros de téléphone sont utilisés en France, ils activent un signal qui déclenche automatiquement l'enregistrement de certaines conversations. Cette surveillance permet également de récupérer les SMS et leur contenu en fonction de mots-clés.

John Kerry joue l'apaisement

Depuis Copenhague, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'était déjà dit «profondément choqué». «Ces pratiques ne sont pas admissibles. Elles devront cesser si elles n'ont pas déjà cessé», a renchéri le ministre des Finances Pierre Moscovici. Quant au chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, il a convoqué sur le champ l'ambassadeur américain à Paris, Charles Rivkin.

En visite à Paris, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a joué l'apaisement. «La France est l'un de nos plus vieux alliés dans le monde et j'ai une très étroite relation de travail avec Laurent Fabius. Nous aurons des discussions bilatérales pour régler ces questions», assure-t-il.