Triple lynchage de Madagascar: Huit suspects courent toujours

JUSTICE Les circonstances exactes du décès de l'enfant de 8 ans, retrouvé mort quelques jours après sa disparition à la sortie d'une mosquée, n'ont jamais été clairement établies...

avec AFP

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Des passants devant le lieu où a lieu le lynchage de trois personnes à Madagascar le samedi 5 octobre 2013.
Des passants devant le lieu où a lieu le lynchage de trois personnes à Madagascar le samedi 5 octobre 2013. — RIJASOLO / AFP

Huit Malgaches recherchés pour le lynchage de trois personnes sur l'île de Nosy Be, à Madagascar, début octobre, étaient toujours en fuite mardi, a indiqué la gendarmerie qui a entrepris de faire exhumer et autopsier le corps de l'enfant dont la mort avait mis le feu aux poudres.

Les circonstances exactes du décès de Chaino, 8 ans, retrouvé mort quelques jours après sa disparition à la sortie d'une mosquée, n'ont jamais été clairement établies.

«La gendarmerie demande en ce moment l'autopsie de l'enfant à Nosy Be. La famille a accepté l'autopsie de l'enfant et il ne reste plus que la démarche pour la prise en charge du médecin légiste», a indiqué l'adjoint du commandant de la gendarmerie Guy Robin Randriamaharo.

Huit suspects en fuite

Des avis de recherche à toutes les unités de la gendarmerie et de police du pays ont par ailleurs été lancés pour retrouver huit suspects des lynchages, «des hommes en majorité originaires de Dar Es Salam», une localité de Nosy Be.

«On connaît leur identité et l'adresse de leur domicile. C'est pourquoi ils se sont enfuis et ont quitté Nosy Be», a-t-il précisé à l'AFP.

A ce jour, quinze personnes ont été arrêtées mais la plupart uniquement pour les incendies et actes de vandalisme perpétrés la veille des lynchages, contre des maisons de gendarmes. Un ancien sénateur, Joseph Yolande, est notamment accusé d'avoir encouragé la population à se rebeller par des appels sur sa radio locale à Nosy Be, «Tsiko Meva Ylang».

Deux personnes incarcérés

Seuls deux Malgaches ont été déférés au parquet d'Antananarivo pour les lynchages. Ce week-end, ils ont été incarcérés à Tsiafahy, une prison réputée abriter les malfrats dangereux.

Le triple lynchage s'est déroulé sous les yeux d'une foule nombreuse qui a assisté sans bouger à la mise à mort de deux étrangers, le Français Sébastien Judalet, 38 ans et le Franco-Italien Roberto Gianfala, ainsi que de l'oncle de l'enfant, tabassé et brûlé quelques heures après.

Exaspérée par de vaines recherches, la foule s'en était prise d'abord aux gendarmes, avant que le corps sans vie et mutilé du petit garçon ne soit retrouvé. La foule a alors vu en lui la victime d'actes de pédophilie.