Un ouvrier belge se suicide et dénonce ArcelorMittal

TRAVAIL Alain Vigneron s'est donné la mort samedi. Il a laissé une lettre, publiée dans la presse ce mardi...

avec AFP

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Une bannière de l'entreprise Arcelormittal.
Une bannière de l'entreprise Arcelormittal. — J-.C. VERHAEGEN / AFP

Un salarié belge d'ArcelorMittal s'est suicidé ce samedi, deux ans jour pour jour après l'annonce de l'arrêt des hauts fourneaux de Liège, dans le sud-est de la Belgique, et accuse dans sa lettre d'adieu le patron du géant de l'acier, Lakshmi Mittal, de lui avoir «tout pris».

«Il m'a tout pris, mon emploi, ma famille. Moi je n'en peux plus de ce milliardaire», a écrit Alain Vigneron dans la lettre adressée à ses proches et à son délégué syndical que publient plusieurs journaux belges ce mardi.

Alain Vigneron, 45 ans, était entré à l'usine à 14 ans et est devenu responsable de production dans un laminoir du groupe en région liégeoise. Il allait perdre son emploi, comme plus de 2.000 salariés d'ArcelorMittal concernés par la fermeture de la «phase à chaud» et d'une partie de la «phase à froid» dans le bassin sidérurgique wallon.

«J'ai fait des pancartes»

«Je me bats depuis 31 ans pour avoir un petit quelque chose et voilà, je vais perdre mon emploi, et combien de familles vont le perdre, Monsieur Mittal?», écrivait-il dans cette lettre.

S'adressant au monde politique, il lançait: «Cher gouvernement, allez-vous enfin sauver les milliers d'emplois des familles qui en valent la peine?». Et il concluait, pour avoir la certitude d'être entendu: «J'ai fait des pancartes, je voudrais qu'elles soient à l'église, que tout le monde voit pourquoi j'ai mis fin à mes jours».

«La direction d'ArcelorMittal Liège est très affectée par le décès de ce travailleur», a-t-elle indiqué, citée sur le site du journal Le Soir. «Notre service social est bien entendu présent auprès de la famille et apportera toute l'aide nécessaire», a-t-elle ajouté, se refusant à tout autre commentaire sur «un événement de vie privée».

Le syndicat chrétien CSC a quant à lui relevé le caractère «infernal» du «mal-être des travailleurs», mais ajouté qu'un «suicide est avant tout une affaire privée».