VIDEO. Nucléaire iranien: Début des discussions à Genève dans un climat optimiste

MONDE Les relations sont actuellement au point mort sur le sujet...

avec AFP

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La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, le 15 octobre 2013 à Genève
La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, le 15 octobre 2013 à Genève — Fabrice Coffrini Pool

Les négociations sur le programme nucléaire iranien controversé ont commencé mardi à Genève pour essayer de relancer un dialogue en panne via une «proposition» présentée par l'Iran, dans un nouveau climat d'espoir.

Les attentes sont d'autant plus grandes que le nouveau président iranien Hassan Rohani a multiplié les gestes d'ouverture à l'intention des Occidentaux et en premier lieu des Etats-Unis.

«Les Iraniens ont fait une présentation powerpoint de leur proposition dès le début de la réunion et cela a pris presque une heure de temps», a déclaré Michael Mann, porte-parole de Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne qui préside les négociations.

Interrogé sur le contenu de cette proposition, le porte-parole n'a pas donné d'informations. Il a cependant indiqué que pour l'UE, la «balle est dans le camp iranien».

«Depuis l'élection de M. Rohani, il y a des signaux de Téhéran qu'ils veulent s'engager dans des négociations, qu'ils veulent être plus transparents. La preuve serait qu'ils fassent de vrais progrès dans ces négociations», a affirmé Michael Mann.

Ouverture de Washington

Signe de cette «nouvelle atmosphère», pour la première fois les discussions se tiennent en anglais, a relevé un officiel américain.

Les négociations qui doivent durer deux jours entre l'Iran et les pays du groupe des 5 1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine, Allemagne) sont prévues au niveau des directeurs politiques ou des vice-ministres des Affaires étrangères.

Selon les rares indications fournies par les Iraniens, l'objectif serait d'aboutir à un accord en moins d'un an, avec une première étape dans un ou deux mois. Mohammad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères, a déjà évoqué la nécessité de tenir rapidement une nouvelle réunion au niveau des ministres.

La négociation sera ensuite menée côté iranien par le vice ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Pour la première fois, la délégation américaine, menée par la secrétaire d'Etat adjointe aux affaires politiques Wendy Sherman, est accompagnée de responsables de la mise en place des sanctions économiques contre l'Iran, une politique qui pèse lourdement sur l'économie iranienne. Cette présence est interprétée par des experts américains de la négociation comme un signe d'ouverture de Washington.

«Optimisme prudent»

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran de cacher un volet militaire sous couvert de son programme nucléaire civil. Ils s'inquiètent de la possibilité pour Téhéran d'enrichir l'uranium à un niveau suffisant pour fabriquer une bombe atomique.

Israël, isolé, a continué à presser les grandes puissances de ne pas relâcher la pression sur Téhéran.

Après une réunion lundi soir à Jérusalem, le cabinet de sécurité, composé des sept principaux ministres, a mis en garde contre «tout accord partiel qui conduirait à un effondrement du régime des sanctions sans aboutir à un démantèlement total du programme nucléaire militaire iranien».

«L'Iran pense qu'il peut s'en tirer avec des concessions cosmétiques qui n'entraveraient pas de manière significative sa marche vers le développement d'armes nucléaires, des concessions sur lesquelles il pourrait faire marche arrière après quelques semaines», affirme-t-il dans un communiqué.

A la veille des discussions, chacun a fait assaut d'«optimisme prudent» appelant l'autre partie à donner des preuves concrètes de ses intentions.