Paris va envoyer des troupes en Centrafrique

AFRIQUE Laurent Fabius a annoncé qu'«il a été exigé des autorités que des élections libres aient lieu début 2015 auxquelles ne se représenteront pas ces autorités»...

avec AFP

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Laurent Fabius, le 11 juin 2012 à Toulouse.
Laurent Fabius, le 11 juin 2012 à Toulouse. — LANCELOT FREDERIC/SIPA

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a annoncé ce dimanche à Bangui l'envoi de troupes supplémentaires en Centrafrique tout en exigeant l'organisation d'élections libres début 2015 auxquelles le pouvoir actuel ne pourra pas participer.

Laurent Fabius, accompagné par la commissaire européenne à l'aide humanitaire Kristalina Georgieva, s'est rendu en Centrafrique pour exhorter la communauté internationale à tout mettre en oeuvre pour sortir le pays du gouffre, livré aux pillards et menacé d'implosion.

«Actuellement nous avons 410 hommes. Au fur et à mesure des résolutions de l'ONU, nous allons donner un coup de pouce surtout dans le domaine logistique et nous allons augmenter (la présence francaise, ndlr), et ceci sera fait vraisemblablement d'ici la fin de l'année», a déclaré Laurent Fabius sans préciser le nombre de soldats supplémentaires.

 Un «nouveau pouvoir d'ici 2015»

Selon une source diplomatique, les troupes françaises pourraient atteindre 750 voire 1.200 hommes, et viendraient en appui à la force panafricaine Misca, comme ce fut le cas au Mali. En contrepartie de l'aide française, le ministre a réclamé des gages de bonne volonté des autorités centrafricaines de transition pour mener le pays vers une sortie de crise.

A l'issue d'un entretien avec le président Michel Djotodia - ancien chef des rebelles de la Séléka qui tente désormais de prendre ses distances avec ses compagnons d'armes - et le Premier ministre Nicolas Tiangaye, Laurent Fabius a annoncé qu'«il a été exigé des autorités que des élections libres aient lieu début 2015 auxquelles ne se représenteront pas ces autorités».

«Nous visons comme objectif un nouveau pouvoir au début 2015», a-t-il souligné.

Violence et chaos

En outre, les «exactions doivent cesser en RCA. La dissolution de la milice Séléka doit être effective, il ne peut pas y avoir de bandes armées à travers le territoire», a ajouté Laurent Fabius.

Mais il a également mis en garde les ex-rebelles incontrôlables: «Il faut que ceux qui commettent des exactions sachent qu'il n'y aura pas d'impunité (...) s'il y avait par malheur une augmentation des exactions, évidemment la réaction (de la France, ndlr) serait beaucoup plus forte et rapide».

«Nous avons decidé, la France, l'Union Européenne et les Nations unies, de relever le défi. Nous n'allons pas vous laisser tomber, nous allons nous occuper sérieusement de redresser la situation», a-t-il conclu.

Pays parmi les plus pauvres du monde et en crise depuis des années, cette ancienne colonie française s'est enfoncée dans la violence et le chaos depuis la chute en mars du président François Bozizé, renversé par une coalition hétéroclite de rebelles, la Séléka, officiellement dissoute.