L'épreuve de force des talibans

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La coalition internationale en Afghanistan peine à combattre les talibans, revenus en force depuis un an. Cette année est déjà la plus meurtrière. Quelque 120 militaires de la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'Otan (Isaf) ont été tués au combat ou dans l'une des 120 attaques suicides perpétrées depuis début 2006, une pratique jusque-là inconnue en Afghanistan. Ces difficultés seront au coeur du sommet de l'Otan qui se tient aujourd'hui et demain à Riga, en Lettonie. Actuellement, 31 000 soldats de l'Isaf sont déployés en Afghanistan (et 10 000 de l'opération Enduring Freedom sous commandement américain). Trop peu, selon le commandement de l'Otan. Il réclame plus de soldats depuis des mois, et l'envoi en renfort, dans le Sud et l'Est, des militaires basés dans des régions assez calmes. De leur côté, les Français (1 200 hommes dans l'Isaf) devraient accepter à Riga d'intervenir hors de leur zone, à Kaboul. Même si « la solution n'est pas militaire », estime le général Le Bot, chef du commandement régional de l'Isaf à Kaboul.

D'où vient ce regain d'activité des talibans ? A l'heure où des négociations auraient lieu entre le président Hamid Karzai et les talibans pour leur céder du terrain (des provinces ou des ministères), les Afghans montrent du doigt le Pakistan, à la fois base arrière des talibans et allié officiel des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme. L'Otan a d'ores et déjà noué des premiers contacts « prometteurs » avec le Pakistan afin de réduire le passage continuel des talibans et des trafiquants de part et d'autre de la frontière.

F. V.