Libye: Le Premier ministre libéré peu après avoir été kidnappé par un groupe armé

LIBYE Il a été détenu pendant quelques heures par une cellule d'ex-rebelles avant d'être libéré...

avec AFP

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Le Premier ministre libyen Ali Zeidan lors d'une conférence de presse au Maroc le 8 octobre 2013.
Le Premier ministre libyen Ali Zeidan lors d'une conférence de presse au Maroc le 8 octobre 2013. — Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Le Premier ministre libyen Ali Zeidan a été enlevé pendant quelques heures ce jeudi à l'aube par un groupe armé et a été «conduit vers une destination inconnue», a annoncé le gouvernement. Il a été libéré en fin de matinée et s'est ensuite rendu au siège du gouvernement. Selon son cabinet, il était détenu par une cellule d'ex-rebelles et en «bonne santé».

La brigade de lutte contre le crime, qui dépend officieusement du ministère de l'Intérieur, avait affirmé  «détenir le chef du gouvernement Ali Zeidan» et ajouté qu'il serait «bien traité», selon l'agence libyenne Lana. Londres et l'Otan avaient appelé à «sa libération immédiate. François Hollande avait également condamné l'enlèvement et «réaffirmé le soutien de la France aux autorités légitimes issues des élections du 7 juillet 2012».

Pas de lien avec la capture d'un chef présumé d'Al-Qaida

Cet enlèvement est intervenu cinq jours après la capture à Tripoli d'Abou Anas al-Libi,un chef présumé d'Al-Qaida, par un commando américain. Cette opération avait provoqué la colère de groupes d'ex-rebelles et de partis politiques et mis dans l'embarras le gouvernement libyen qui l'avait qualifiée d'«enlèvement» et affirmé ne pas en avoir été informé. Les autorités libyennes avaient enjoint mardi les Etats-Unis de lui remettre immédiatement Abou Anas al-Libi.

Au lendemain de l'opération, la Cellule des opérations des révolutionnaires de Libye avait annoncé dans un communiqué un «état d'alerte maximum face (...) aux atteintes à la souveraineté du pays de la part des renseignements étrangers». Le groupe a démenti toutefois jeudi tout lien entre l'«arrestation» d'Ali Zeidan et la capture d'Abou Anas, comme l'ont rapporté certains médias. 

Le Conseil des ministres avait tenu une réunion d'urgence pour traiter la situation, et le gouvernement avait appelé «les citoyens au calme». 

Ali Zeidan a été enlevé de l'hôtel Corinthia où il réside, a précisé une source du bureau du Premier ministre sans autre précision. «Un grand nombre d'hommes armés sont entrés dans les lieux très tôt jeudi. Mais nous n'avons rien compris à ce qui se passait», a indiqué à l'AFP un employé de l'hôtel.

Les autorités de transition peinent à contrôler les groupes d'ex-rebelles

Présenté comme un libéral, Ali Zeidan, 63 ans, occupe le poste du Premier ministre depuis un an. Tout récemment, ses rivalités avec les Frères musulmans libyens ont éclaté au grand jour et des voix à l'Assemblée nationale ont appelé à son limogeage.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, les autorités de transition peinent à contrôler les groupes d'ex-rebelles ayant combattu l'ancien régime. Réunis en milices armées, ces ex-rebelles, dominés par les islamistes, comblent le vide en matière de sécurité laissé par un État en déliquescence.

Les autorités ont échoué jusqu'ici à former une police et une armée professionnelles et ont même donné la légitimité à plusieurs de ces milices, leur confiant des tâches relatives à la sécurité. Ainsi tout récemment, le Congrès général national (CGN), la plus haute autorité du pays, a chargé la Cellule des opérations des révolutionnaires de Libye de se déployer à Tripoli pour sécuriser la capitale, face à une hausse de la criminalité.