Drame de Lampedusa: La Commission européenne veut une opération de «sécurité et de sauvetage» en Méditerrannée

avec AFP
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Des militaires italiens transportent le corps d'un immigré décédé dans un naufrage au large de l'île de Lampedusa, le 6 octobre 2013.
Des militaires italiens transportent le corps d'un immigré décédé dans un naufrage au large de l'île de Lampedusa, le 6 octobre 2013. — Luca Bruno/AP/SIPA

Ce n’est pas encore très clair. Mais la volonté politique est là. La Commission européenne a annoncé mardi sa volonté d'organiser une grande opération de « sécurité et de sauvetage» en Méditerranée, après la tragédie de Lampedusa. Jeudi dernier, une embarcation chargée de migrants avait fait naufrage au large de l’île italienne, faisant plus de 200 morts.

«Je vais proposer aux Etats membres d'organiser une grande opération de sécurité et de sauvetage en Méditerranée, de Chypre à l'Espagne», a déclaré la commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, à son arrivée à une réunion des ministres européens de l'Intérieur à Luxembourg.

«Je vais demander le soutien et les ressources nécessaires pour faire cela, pour sauver plus de vies», a-t-elle expliqué en précisant que l'opération serait menée par Frontex, l'agence de surveillance des frontières européennes.

Refus de modifier les règles de l’asile

Cecilia Malmström accompagnera mercredi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors de son déplacement à Lampedusa, sur les lieux mêmes où plus de 200 migrants ont péri dans le naufrage de leur embarcation. Au-delà de cette proposition, les pays du nord de l'UE ont refusé de modifier les règles sur l'asile pour aider l'Italie après la tragédie de Lampedusa.

«Je ne crois pas que ce soit le jour» pour une telle décision sur l'asile, a déclaré Cecilia Malmström. «Dublin II n'a pas a être modifié», a affirmé, de son côté, le ministre allemand, Hans-Peter Friedrich. L'accord de Dublin impose aux pays d'arrivée de traiter les demandes d'asile et d'assurer l'hébergement des demandeurs.

Six ou sept pays prennent toute la responsabilité

«L'Allemagne est le pays qui traite le plus grand nombre de demandes d'asile en Europe», a insisté Hans-Peter Friedrich. Ses homologues suédois Tobias Billström et danois Morten Bodskov lui ont fait écho. «L'UE a tous les instruments nécessaires pour faire face», a affirmé Morten Bodskov. «Tous les Etats devraient faire aussi bien que la Suède et l'Allemagne» en matière d'asile, a commenté pour sa part Tobias Billström.

Sur 28 Etats membres, 24 se sont opposés à une modification des règles en matière d'asile lorsque cette demande d'un partage du fardeau à été mise sur la table des ministres. Cecilia Malmström a indiqué qu'elle allait demander aux Etats membres de faire leur «maximum pour réinstaller» plus de réfugiés, en expliquant qu'aujourd'hui, «il y six ou sept pays qui prennent toute la responsabilité».