Drame de Lampedusa: 17 nouveaux corps récupérés

MONDE La délicate question de l'immigration clandestine pourrait être discutée lors du prochain sommet européen, les 24 et 25 octobre à Bruxelles...

avec AFP
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Des militaires italiens transportent le corps d'un immigré décédé dans un naufrage au large de l'île de Lampedusa, le 6 octobre 2013.
Des militaires italiens transportent le corps d'un immigré décédé dans un naufrage au large de l'île de Lampedusa, le 6 octobre 2013. — Luca Bruno/AP/SIPA

Les plongeurs italiens ont récupéré ce lundi 17 nouveaux corps autour de l'épave de l'embarcation de migrants qui a fait naufrage jeudi près de Lampedusa, portant le bilan à 211 morts, a indiqué le commandant Filippo Marini, responsable des garde-côtes.

«Les plongeurs ont récupéré deux corps ce matin puis quinze plus tard, dont ceux de quatre femmes», a déclaré à l'AFP le commandant Marini.

Les appels à une modification des politiques européennes en matière d'immigration se multiplient devant l'ampleur du drame après le naufrage d'un bateau de migrants près de l'île de Lampedusa.

Cécile Kyenge, ministre italienne de l'Intégration, a appelé à ce qu'il n'y ait «plus jamais de telles tragédies». Des politiques de «prévention» sont nécessaires, a-t-elle dit. Dans une interview au Corriere della Sera, où elle a annoncé un triplement (de 8.000 à 24.000) des places pour l'accueil des immigrés, elle a prôné des politiques d'immigration moins «punitives» en Italie et dans l'Union européenne. Car, selon elle, les «flux migratoires ont changé»: il s'agit davantage de réfugiés de guerre que de migrants économiques.

L'Italie souhaite que la question soit discutée lors du prochain sommet européen

Cécile Kyenge a dénoncé «l'absurdité» d'une loi italienne qui considère comme des «suspects» d'immigration clandestine des gens qui fuient des conflits. La ministre a annoncé des discussions au niveau interministériel sur cette question. Mais le dossier ne fait pas consensus dans le gouvernement gauche-droite d'Enrico Letta.

L'Italie, qui fait face à un nouvel afflux exceptionnel de migrants (30.000 depuis le début de l'année, quatre fois plus qu'en 2012), a obtenu que la question de l'immigration figure à l'ordre du jour d'une réunion ministérielle européenne à Luxembourg mardi. Letta, qui a annoncé la visite mercredi sur l'île du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a insisté sur l'actuelle porosité des frontières libyennes.

«Notre problème s'appelle Libye. Tout a changé en deux ans, nous irons là-bas pour faire adopter des règles plus strictes», a déclaré le chef du gouvernement italien à la chaîne de télévision Sky TG24. Rome souhaite aussi que la question soit discutée lors du prochain sommet européen, les 24 et 25 octobre à Bruxelles. L'UE doit aider davantage l'Italie, qui «ne peut pas être le premier pays (d'entrée des migrants africains, ndlr) et tout assumer sur ses épaules», a estimé Letta. Selon le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, Paris proposera probablement de mettre la question à l'ordre du jour du sommet européen.

Le centre d'accueil est surpeuplé

Selon des ONG, entre 17.000 et 20.000 migrants ont péri en tentant la traversée de cette mer vers le sud de l'Europe ces vingt dernières années. Le centre d'accueil de l'île est surpeuplé (1.000 occupants pour 250 places) et une partie des réfugiés, dont des rescapés du naufrage, ont dû dormir dehors les dernières nuits sous des abris de fortune.

Le pape François a envoyé à Lampedusa son aumônier personnel, Mgr Konrad Krajewski, pour bénir les victimes. Le pape a lui-même observé lors de l'Angelus un moment de silence devant les milliers de fidèles réunis comme chaque dimanche sur la place Saint-Pierre au Vatican. «Prions tous en silence pour nos frères et nos soeurs, femmes, hommes, enfants. Que nos coeurs pleurent en silence», a dit le souverain pontife.