Elections en Autriche: L'extrême-droite pourrait créer la surprise

F.V. avec AFP

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Le dirigeant du parti autrichien d'extrême-droite FPÖ, Heinz-Christian Strache, le 27 septembre 2013 à Vienne, en Autriche.
Le dirigeant du parti autrichien d'extrême-droite FPÖ, Heinz-Christian Strache, le 27 septembre 2013 à Vienne, en Autriche. — DIETER NAGL / AFP

Crédité d'environ 20% des intentions de vote dans les derniers sondages (contre 17,5% il y a cinq ans), le FPÖ, principal parti d’extrême-droite en Autriche, pourrait créer la surprise et ravir aux conservateurs (21 à 22%) leur rang de deuxième parti du pays aux élections législatives ce dimanche derrière le SPÖ. Ce parti, qui a prêché «l'Amour du prochain» - à condition qu'il s'agisse d'Autrichiens - est remonté en fin de campagne, profitant d'une campagne terne et clientéliste des deux grands partis sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs (ÖVP).

Diatribes contre les immigrés

Le dirigeant du FPÖ, Heinz Christian Strache, refuse d'être comparé à son charismatique prédécesseur, Jörg Haider. Ce dernier - mort dans un accident de voiture en 2008- avait fait entrer son parti au gouvernement et provoqué un scandale en faisant l'éloge de la politique du travail d'Adolf Hitler. «Je suis différent, j'ai mon propre caractère et ma propre personnalité», affirme Heinz Christian Strache. Si l'ancien prothésiste dentaire de 44 ans présente une image plus lisse que son ancien rival, il partage la même détermination à vouloir briser la domination des grands partis du centre, à grand renfort de diatribes contre les immigrés ou les demandeurs d'asile.

A l'instar d'autres mouvements populistes en Europe, comme le Front national en France ou la Ligue du Nord en Italie, le FPÖ de Heinz Christian Strache dénonce également un pouvoir jugé démesuré de Bruxelles et une élite politique qui a perdu le contact avec la population: «L'Europe va dans la mauvaise direction», estime-t-il. «Tout est centralisé et les gens ne veulent pas de ça (...) Ils veulent leur patrie, leur culture, leur identité».

Le BZÖ, l’autre force d’extrême-droite, pourrait rester au Parlement

L'autre force d'extrême droite BZÖ, créée en 2005 par une scission du FPÖ à l'initiative de Jörg Haider, pourrait aussi finalement atteindre la barre des 4% lui permettant de rester au Parlement.

Ces deux formations ont également tiré profit d'une perte de vitesse du fantasque milliardaire austro-canadien Frank Stronach (tombé de 12 à 7% dans les intentions de vote), pénalisé par ses prestations peu convaincantes dans les débats télévisés, où est apparue la faiblesse de son argumentation.

Il y a cinq ans, un quart des moins de 30 ans avait donné sa voix à l’extrême-droite. Toute alliance avec cette dernière a été formellement exclue par les sociaux-démocrates du SPÖ, puis par les conservateurs de l'ÖVP, qui a néanmoins entretenu le doute.