La presse italienne condamne largement le comportement «fou» de Berlusconi

POLITIQUE Depuis des semaines, les amis de Berlusconi font monter la pression sur le gouvernement afin de tenter d'éviter la destitution, très probable, du Cavaliere de son poste de sénateur...

avec AFP

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L'ancien Président du Conseil italien Silvio Berlusconi à Rome le 4 août 2013.
L'ancien Président du Conseil italien Silvio Berlusconi à Rome le 4 août 2013. — MISTRULLI LUIGI/SIPA

Les grands journaux italiens partageaient ce dimanche le jugement sans appel du Premier ministre Enrico Letta qui a qualifié de «geste fou» la démission des ministres membres du parti de Silvio Berlusconi à l'origine d'une nouvelle crise politique. Cette expression forte est reprise partout, et les éditorialistes ne trouvaient guère d'excuses au Cavaliere, pour cette énième crise qui survient dans un moment délicat pour l'Italie.

«Le condamné fait couler l'Italie», titrait le quotidien Il Fatto Quotidiano, journal de la gauche depuis toujours très critique à l'égard de Silvio Berlusconi. «Le Cavaliere renverse le jeu», affirmait La Repubblica tandis que le Corriere della Sera (centre droit) parlait «du coup d'épaule de Berlusconi qui enclenche la crise».

«Folie»

«Modérés, où êtes-vous?», s'interrogeait dans un éditorial le grand quotidien milanais. Il estimait que si la crise, qu'il compare à «une course dans le vide» s'approfondissait, les difficultés économiques seraient plus difficiles à affronter et les réformes de fond plus ardues à accomplir.

Eugenio Scalfari, fondateur de La Repubblica, comparait Berlusconi non seulement à «un caïman» -comme dans le film de Nanni Moretti- mais aussi évoquait le personnage de Mackie Messe, le célèbre bandit charmeur et cynique de l'Opéra de Quatre sous de Bertolt Brecht: «Mackie Messer a un couteau mais on ne le voit pas».

La Stampa (centre droit) tout comme le journal des milieux d'affaires Il Sole 24 Ore, insistaient dans leurs titres sur «la folie» de la démarche du Cavaliere. Mario Calabresi, directeur de La Stampa, suppliait la classe politique: «Maintenant, basta, pensez au pays!» Samedi soir, les ministres membres du parti de Silvio Berlusoni ont démissionné du gouvernement Letta, une décision inspirée par leur mentor et qualifiée aussitôt par le Premier ministre de «geste fou et irresponsable».

Pression

Obéissant à la consigne du Cavaliere, les cinq ministres du Peuple de la Liberté (PDL) avaient fait savoir qu'ils jugeaient «inacceptable» et «irrecevable» «l'ultimatum» du président du Conseil. Ce dernier, excédé par la fronde constante des amis du Cavaliere, avait annoncé la veille qu'il demanderait la confiance du parlement, afin de «clarifier» le soutien du centre-droit à son gouvernement.

Depuis des semaines, les amis de ce dernier font monter la pression afin de tenter d'éviter la destitution, très probable, du Cavaliere de son poste de sénateur, après sa condamnation définitive le 1er août à quatre ans de prison (ramenés à un seul en raison d'une amnistie) pour fraude fiscale.