Italie: Les ministres du parti de Silvio Berlusconi démissionnent

MONDE Ils ont estimé que l'«ultimatum» du président du Conseil était inacceptable...

avec AFP

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Silvio Berlusconi au siège de son parti à Rome, le 19 septembre 2013.
Silvio Berlusconi au siège de son parti à Rome, le 19 septembre 2013. — AFP PHOTO /POOL /MASSIMO PERCOSSI

Voilà l'Italie plongée dans une nouvelle crise politique. Les ministres membres du Peuple de la Liberté (PLD, centre droit) ont démissionné à la demande de Silvio Berlusconi du gouvernement de coalition d'Enrico Letta, a annoncé samedi soir une porte-parole d'Angelino Alfano, vice-Premier ministre et dirigeant du PDL. Les cinq ministres ont tous suivi la consigne de Silvio Berlusconi qui avait jugé plus tôt «inacceptable» et «irrecevable« l'«ultimatum» d'Enrico Letta, a-t-elle précisé. Le président du Conseil avait demandé vendredi soir une clarification devant le Parlement à propos du soutien incertain du centre droit à son gouvernement de coalition droite-gauche. Dans l'après-midi, le Cavaliere avait invité, dans un message adressé à Angelino Alfano, les ministres PDL à «évaluer l'opportunité de présenter immédiatement leur démission pour ne pas se rendre complices d'une ultérieure vexation imposée par la gauche aux Italiens».

Augmentatiojn de la TVA

«La décision adoptée hier par le président du Conseil de geler l'action du gouvernement, entraînant de cette façon l'augmentation de la TVA, est une grave violation du pacte de gouvernement», avait argumenté Silvio Berlusconi. Le Cconseil des ministres avait été convoqué vendredi par Letta afin d'ajourner l'augmentation prévue pour le 1er octobre de la TVA, mais, en raison de la crise politique, Enrico Letta avait repoussé toute décision. L'augmentation, de 21% à 22%, sera appliquée le 1er octobre. Cette hausse d'un point est redoutée par les milieux économiques car elle risque de peser sur la consommation et la reprise.

Vendredi, très en colère en raison de la fronde permanente des partisans de Berlusconi, Letta avait annoncé qu'il allait demander la confiance du Parlement. Reste à savoir si ces démissions des ministres PDL ne sont pas une ultime manœuvre pour obtenir des concessions de la part d'Enrico Letta.

Un ultime chantage?

La fronde des amis du Cavaliere avait été brusquement relancée mercredi: les parlementaires du PDL avaient alors menacé de démissionner en bloc pour protester contre le premier vote attendu, le 4 octobre, d'une commission du Sénat qui doit déchoir Berlusconi de son mandat, après sa condamnation à un an de prison pour fraude fiscale. Le Cavaliere a été condamné de façon définitive le 1er août à cette peine. Il avait jugé inique sa condamnation. Il devrait purger sa peine à domicile ou en effectuant des travaux d'intérêt général. Mais cette peine a pour effet de rendre inéligible le milliardaire qui a dominé la politique italienne des vingt dernières années. C'est ce que le camp Berlusconi refuse d'accepter. Selon le Parti démocrate (PD, centre gauche), la formation d'Enrico Letta, il s'agit d'un dernier «chantage» du Cavaliere.

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