Au moins 328 morts dans un puissant séisme au Pakistan

SEISME Les secouristes tentent toujours de sauver les rescapés du tremblement de terre qui a eu lieu mardi et qui a été ressenti jusqu'en Inde...

avec AFP
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Le séisme dans le sud-ouest du Pakistan a été ressenti jusqu'à Karachi le mardi 24 septembre 2013.
Le séisme dans le sud-ouest du Pakistan a été ressenti jusqu'à Karachi le mardi 24 septembre 2013. — RIZWAN TABASSUM / AFP

Le puissant séisme qui a frappé mardi une région pauvre et reculée du sud-ouest du Pakistan a fait au moins 328 morts et 450 blessés, selon un nouveau bilan fourni mercredi par les autorités locales.

Le séisme d'une magnitude de 7,7, survenu près de la ville d'Awaran, dans la province du Baloutchistan, a détruit de nombreuses maisons en briques de boue séchée et été ressenti jusqu'en Inde et en Iran voisins. Il et a même «créé» une «île» de boue et de roches au large de la côte, sur la mer d'Arabie. «Le nombre de morts a atteint 328, et je crains qu'il n'augmente encore», a déclaré Jan Muhammad Buledi, porte-parole du gouvernement provincial du Baloutchistan, en recensant également plus de 450 blessés.

Le précédent bilan, donné dans la journée, faisait état d'au moins 271 morts et plus de 400 blessés.«Les équipes de secours n'ont pas encore pu atteindre les villages reculés, car la région est vaste», a ajouté Muhammad Buledi. Ahmad Nawaz, un responsable de l'Autorité provinciale de gestion des catastrophes à Quetta, la capitale du Baloutchistan, a confirmé ce bilan, estimant lui à 498 le nombre de blessés.

Une région reculée sans infrastructures

«Il est difficile d'estimer l'ampleur des pertes car cette région est vaste et parsemée de petits villages. Nous aurons accès ce soir à des images satellites qui nous permettront de mieux comprendre l'ampleur de la tragédie», a déclaré Muhammad Saeed Aleem, chef de l'Autorité pakistanaise de gestion des catastrophes.

Les autorités tentaient mercredi de sauver la vie de blessés, une tâche difficile dans cette région reculée aux infrastructures limitées. «Il n'y a aucun endroit où nous pouvons traiter les blessés dans les hôpitaux locaux. Nous tentons de transférer les blessés graves à Karachi par hélicoptères et les autres dans les districts voisins», a déclaré Jan Muhammad Baledi, porte-parole du gouvernement provincial.

Le village de Dalbedi, à la sortie de la ville d'Awaran, avait des airs de champs de bataille mercredi avec ses 250 maisons en briques de boue complètement détruites. «Nous avons tout perdu, même notre nourriture est ensevelie sous les décombres et l'eau dans les puits est impropre à la consommation car la boue s'est mêlée aux eaux souterraines» après le séisme, a confié Noor Ahmed, un fermier local.

«Les secouristes tentent de retrouver les corps (dans les décombres) mais notre priorité est vraiment de transporter les blessés dans des hôpitaux le plus vite possible», a précisé Azad Gilani, ministre provincial de l'Intérieur.

L'état d'urgence

Les autorités pakistanaises ont décrété l'état d'urgence dans une partie du Baloutchistan. L'armée pakistanaise a déjà envoyé près de 100 docteurs, déployé 1.000 soldats sur le terrain et mis sur pied un hôpital de brousse dans le village de Tarteej, l'un des plus touchés, selon un responsable militaire.

Et l'institut américain de géophysique (USGS) a lancé une «alerte rouge» après ce séisme estimant «qu'un nombre élevé de victimes était probable». Une douzaine de répliques ont été enregistrées au Baloutchistan, la plus forte étant de magnitude 5,9, selon l'institut américain. Le Baloutchistan est la province la plus vaste, la moins peuplée et la plus pauvre du Pakistan mais son sol regorge d'hydrocarbures et de minéraux.

Cette province est en proie à des violences contre la minorité musulmane chiite, aux attaques de talibans et des affrontements entre les rebelles sécessionnistes de l'Armée de libération du Baloutchistan et les forces gouvernementales.

Hors de la capitale provinciale Quetta, où des habitants récitaient en boucle des versets du Coran après la secousse, et du port stratégique de Gwadar, la population locale vit dans de petites villes aux infrastructures déficientes ou des villages recul.