Prise d’otages au Kenya: Si vous avez raté le début

F.V. avec AFP

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Les forces de sécurité se positionnent près du centre commercial de Nairobi (Kenya) visé par une attaque terroriste, le 23 septembre 2013.
Les forces de sécurité se positionnent près du centre commercial de Nairobi (Kenya) visé par une attaque terroriste, le 23 septembre 2013. — Sayyid Azim/AP/SIPA

Où en est la prise d’otages?

Les affrontements se poursuivent à Nairobi, même si le ministre de l'Intérieur a assuré que l'opération touchait «à sa fin», ce lundi après-midi: «Nous contrôlons tous les étages, les terroristes ne peuvent pas s'échapper.» Trois assaillants ont été tués, et plus de 10 suspects ont été arrêtés pour être interrogés, selon les autorités.

Des explosions ont retenti dans le centre commercial et des tirs nourris se poursuivent, tandis que de la fumée noire s'élève du toit. Des otages ont été secourus, selon la police, qui assure gagner «de plus en plus de terrain». Un membre des forces spéciales a quant à lui évoqué «une partie de cache-cache» avec les assaillants.

Quel est le bilan provisoire?

Elle a fait au moins 62 morts et autant de disparus, selon la Croix-Rouge kényane.

Que veulent les shebab?

L'attaque a été revendiquée par les islamistes somaliens shebab, qui contrôlent une grande partie du sud de la Somalie. Ils ont expliqué sur leur compte Twitter que «ce que les Kényans voient à Westgate, c'est de la justice punitive pour les crimes commis par leurs soldats» en Somalie «contre les musulmans». L’armée kényane est présente depuis fin 2011 en Somalie, et a infligé, dans le cadre d'une force africaine soutenant les fragiles autorités somaliennes, de nombreuses défaites aux islamistes.

Ces derniers avaient menacé à plusieurs reprises de s’en prendre au Kenya. Mais l’explication des assaillants -qui viennent de plusieurs pays, selon l’armée- ne convainc pas tout le monde. Leurs motifs pourraient largement dépasser ce cadre, comme l’explique le chercheur au CNRS Marc Lavergne à 20 Minutes

Pourquoi ce type d'attaque?

En optant pour la prise d’otages plutôt que l’attentat, les shebab font durer la tension dramatique et démultiplient l’effet recherché: terroriser au-delà des frontières kenyanes. Selon Marc Lavergne, l’attaque est le fruit d’un travail «bien préparé», par des gens «bien formés», selon un modus operandi qu’il attribue à al-Qaida plus qu’aux shebab eux-mêmes.