Syrie: Fabius croit qu'une résolution de l'ONU est possible cette semaine

DIPLOMATIE Le ministre français des affaires étrangères a posé «trois exigences», notamment que la résolution «prévoie que des mesures sous chapitre VII puissent être prises»...

avec AFP

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Laurent Fabius, le 11 juin 2012 à Toulouse.
Laurent Fabius, le 11 juin 2012 à Toulouse. — LANCELOT FREDERIC/SIPA

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé ce lundi possible de parvenir cette semaine à une résolution de l'ONU encadrant le désarmement chimique en Syrie, malgré les fortes objections russes.

Réaffirmant que Paris veut une «résolution robuste et contraignante», il a cependant posé «trois exigences», notamment que la résolution «prévoie que des mesures sous chapitre VII puissent être prises» en cas de non-respect par Damas de ses engagements de désarmement. Il faut aussi, a-t-dit lors d'une conférence de presse, que les responsables de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie soient «traduits devant la justice» et que le Conseil «puisse se saisir à tout moment» de ce dossier, considéré comme «une atteinte à la paix et à la sécurité internationales».

«Je pense que sur cette base qui est raisonnable nous devrions pouvoir nous mettre d'accord», a-t-il estimé. Interrogé sur la possibilité de parvenir à un accord cette semaine à l'ONU, il a répondu : «Je le crois».

Les négociations dans l'impasse

Soulignant que l'accord russo-américain conclu le 14 septembre à Genève pour éliminer l'arsenal chimique syrien «mentionne le chapitre VII», il a estimé qu'il serait «très difficilement compréhensible» que les Russes «ne soient pas d'accord avec les conditions qui permettent l'application de ce qu'ils ont proposé».

Les négociations entre Américains et Russes sur une résolution de l'ONU qui contraindrait Damas à respecter ses promesses de désarmement chimique sont actuellement dans l'impasse, ont indiqué lundi des diplomates.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a accusé dimanche les Etats-Unis de faire du chantage à la Russie pour qu'elle soutienne une résolution contraignante à l'ONU contre son allié syrien. Il a reproché à l'Occident d'être aveuglé par l'idée d'un changement de régime dans ce pays. Paralysé par les dissensions entre Occidentaux et Russes, le Conseil n'a jamais pu adopter un texte sur la Syrie depuis le début de la crise en mars 2011. Moscou et Pékin ont mis leur véto à trois reprises à des projets de résolution.