Naufrage du Concordia: Le capitaine Schettino charge (toujours) le timonier

MONDE Il l'a accusé de ne pas avoir suivi ses ordres, lundi à la reprise de son procès devant le tribunal de Grosseto (centre de l'Italie)...

avec AFP

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Le capitaine Schettino, le 23 septembre 2013 à la reprise de son procès à Grossetto en Italie.
Le capitaine Schettino, le 23 septembre 2013 à la reprise de son procès à Grossetto en Italie. — Andrew Medichini/AP/SIPA

Le capitaine Schettino, surnommé «l'homme le plus détesté d'Italie» après le naufrage du paquebot de croisières qui avait fait 32 morts en janvier 2012, persiste et signe.

Poursuivi pour homicides multiples par imprudence, abandon de navire et dommages causés à l'environnement, il a gardé lundi la même ligne de défense que celle adoptée depuis le début de son procès la mi-juillet: il rejette la faute en grande partie sur le timonier, l'Indonésien Jacob Rusli Bin.

«L'impact n'aurait pas eu lieu»

Lundi, lors de l'audience consacrée aux expertises et contre-expertises, l'ex-capitaine du paquebot, prenant la parole de façon spontanée, a accusé le timonier de ne pas avoir «suivi correctement (ses) ordres».

Schettino affirme lui avoir ordonné de virer à gauche pour que la poupe du navire s'éloigne du rocher. «Mais le timonier a fait le contraire et nous avons heurté» le récif, a-t-il expliqué.

«Si le timonier n'avait pas commis» cette «erreur», «l'impact n'aurait pas eu lieu», a-t-il ajouté.

Interrogé, l'amiral Giuseppe Cavo Dragone, à la tête de l'équipe qui a étudié la boîte noire du paquebot, a répondu que le timonier n'était pas à blâmer: «L'impact aurait eu lieu de toutes les façons», a-t-il précisé.

Prochaines inspections

Le procès a repris une semaine après le redressement de l'épave du Concordia, une opération réussie et titanesque qui a duré une vingtaine d'heures et a été perçue comme une revanche pour l'Italie après l'humiliation de ce naufrage.

L'un des avocats de la défense, Francesco Pepe, a expliqué à la presse avoir demandé à la cour que des experts se rendent sur le bateau.

«Il est désormais possible de le faire puisqu'une grande partie du Concordia est hors de l'eau», a déclaré Me Pepe, qui espère qu'une inspection des installations électriques d'urgence, des portes des compartiments étanches et des canots de sauvetage permettra d'y voir plus clair.

Naviguant trop près de la côte, le paquebot avait heurté un écueil et s'était échoué, avec à son bord 4.229 personnes, dont 3.200 touristes. Cette manœuvre et des retards dans les opérations d'évacuation ont mis en évidence une responsabilité écrasante du commandant, dont les avocats jugent cependant qu'il ne peut être tenu comme unique responsable de la tragédie.