Attentat de Nairobi: Intense fusillade au centre commercial

ATTENTAT Après un siège de plus de 40 heures, les forces de l'ordre ont lancé un assaut pour maîtriser le commando...

avec AFP

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Lundi 23 septembre, les forces de l'ordre ont lancé un assaut contre le commando qui a lancé une attaque dans un centre commercial de Nairobi samedi 21 septembre 2013.
Lundi 23 septembre, les forces de l'ordre ont lancé un assaut contre le commando qui a lancé une attaque dans un centre commercial de Nairobi samedi 21 septembre 2013. — Jerome Delay/AP/SIPA

Une intense fusillade et des explosions ont été entendues lundi à l'aube dans le centre commercial Westgate de Nairobi, où les forces de l'ordre kényanes ont lancé un nouvel assaut pour tenter de maîtriser le commando islamiste retranché dans le bâtiment avec des otages depuis plus de 40 heures.

Les Shebab menacent de tuer tous les otages

Les insurgés islamistes somaliens shebab, qui ont revendiqué l'attaque contre le centre commercial Westgate de Nairobi qui a fait 68 morts, ont menacé lundi d'abattre les personnes encore retenues en otage par les assaillants.

«Nous autorisons les moudjahidine à l'intérieur du bâtiment à agir contre les prisonniers»" a déclaré le porte-parole des shebab, Sheikh Ali Mohamud Rage, dans une déclaration mise en ligne sur un site internet islamiste.

Le nombre d'otages indéterminé

Au moins 68 personnes sont mortes dans l'attaque lancée samedi par les islamistes contre ce luxueux centre commercial, bondé le week-end de Kényans et d'expatriés. Le bilan pourrait encore s'alourdir, le nombre d'otages toujours retenus restant indéterminé et les forces de l'ordre découvrant de nouveaux cadavres lors de leurs assauts.

Lundi matin, la fusillade a duré une quinzaine de minutes, selon des journalistes de l'AFP présents sur place. Au bruit, les tirs semblaient venir de «quelque part autour du centre commercial, ou partaient d'un poste d'observation dans le centre commercial», a précisé l'un d'eux.

La fusillade a été suivie par trois fortes explosions, avant que la situation ne semble de nouveau se calmer.

Les forces de l'ordre ont lancé plusieurs assaut ces dernières 24 heures, affirment avoir sécurisé la plupart du centre commercial et espèrant maîtriser «rapidement» le commando. Très peu d'informations sont cependant disponibles: les journalistes n'ont plus accès au centre commercial depuis samedi après-midi.

200 blessés

En plus des 68 morts, l'attaque, revendiquée par les insurgés somaliens shebab en réprésailles, disent-il, de l'intervention militaire kényane lancée en Somalie il y a près de deux ans, a aussi fait près de 200 blessés.

Depuis samdi, plus de 1.000 personnes ont été secourues. Mais dimanche encore, les autorités kényanes affirmaient que 10 à 15 assaillants se trouvaient encore dans le bâtiment.

Selon une source sécuritaire s'exprimant sous couvert d'anonymat, des agents israéliens sont présents aux côtés des forces kényanes pour tenter de maîtriser les islamistes -- le Westgate Mall est réputé être en partie la propriété d'Israéliens.

Le neveu du président fait partie des victimes

Plusieurs étrangers, dont deux Françaises, trois Britanniques, un Sud-africain, une Sud-Coréenne, une Néerlandaise, un Péruvien et deux Indiens ont été tués dans l'attaque, ainsi qu'un célèbre poète et homme d'Etat ghanéen, Kofi Awoonor. Des Américains et de nombreux autres Occidentaux -cibles privilégiées des assaillants- figurent parmi les blessés.

Le président kényan Uhuru Kenyatta a annoncé que son neveu et la fiancée de ce dernier figuraient parmi les personnes tuées. Les responsables de l'attaque «devront payer pour leurs actes ignobles et bestiaux», a-t-il menacé dimanche, affirmant que son pays ne se laisserait pas «intimider».

«Les assaillants tiraient dans le tas»

En pénétrant dans le centre commercial samedi en début d'après-midi, le commando islamiste a ouvert le feu à l'arme automatique et à la grenade sur la foule des clients et employés du centre. Jusque dans la soirée, clients apeurés et employés traumatisés, piégés dans le centre, ont continué d'en émerger par petits groupes, au fur et à mesure de la lente progression des forces de l'ordre.

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier à Nairobi depuis une attaque-suicide d'Al-Qaïda en août 1998 contre l'ambassade des Etats-Unis, qui avait fait plus de 200 morts.

Selon des témoins, les agresseurs ont «tiré dans le tas» samedi à Westgate. D'après un employé du centre commercial, Titus Alede, «ils ne voulaient pas d'argent», «ils ont dit "vous avez tué notre peuple en Somalie, c'est à votre tour de payer"».

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