La Syrie a remis l'inventaire de son arsenal chimique

DIPLOMATIE Le régime de Damas se conforme ainsi à l'accord russo-américain...

avec AFP

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Le 28 août, des experts des Nations unies viennent inspecter Ghouta, en Syrie, après le bombardement à l'arme chimique le 21 août 2013.
Le 28 août, des experts des Nations unies viennent inspecter Ghouta, en Syrie, après le bombardement à l'arme chimique le 21 août 2013. — MOHAMMED AL-ABDULLA/NEWSCOM/SIPA

La Syrie a remis l'inventaire attendu de son arsenal chimique à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) samedi, dans le délai imparti par l'accord russo-américain du 14 septembre, un signe apparent de collaboration du régime de Damas.

«L'OIAC a confirmé avoir reçu la liste attendue du gouvernement syrien sur son programme d'armes chimiques», a indiqué à l'AFP l'organisation basée à La Haye. «Le secrétariat technique est en train d'examiner l'information reçue». L'accord de Genève, élaboré tandis que Washington menaçait la Syrie d'une action militaire en réponse à une attaque chimique meurtrière le 21 août, stipule que l'arsenal chimique de Damas doit être détruit d'ici la fin du premier semestre 2014.

Une résolution semble exclue

Cet accord et l'inventaire par Damas ne mettent cependant pas fin aux divergences, et les tractations diplomatiques continuent en vue de l'adoption d'une résolution à l'ONU sur le désarmement chimique de Damas. L'adoption d'une telle résolution bute en effet sur l'inscription ou non du texte sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies qui prévoit des mesures coercitives allant de sanctions économiques à l'usage de la force, en cas de non-respect par la Syrie de ses engagements.

La Russie, fidèle allié de Damas, s'oppose à une telle résolution voulue par les pays occidentaux. Mais un haut responsable du Kremlin a averti samedi que son pays pourrait changer de position s'il se rendait compte que le président Bachar al-Assad «trichait». «Ce que je dis pour l'instant est théorique et hypothétique, mais si nous avions un jour la certitude qu'Assad trichait, nous pourrions changer notre position», notamment au sujet du chapitre VII, a déclaré Sergueï Ivanov, chef de l'administration présidentielle russe.

De son côté, le président français François Hollande défendra mardi à l'Assemblée générale de l'ONU «une résolution aussi contraignante que possible», avec ou sans référence au chapitre VII, selon son entourage. L'adoption d'une résolution semble toutefois exclue tant que le Conseil exécutif de l'OIAC ne s'est pas réuni pour débattre de la destruction des armes chimiques, réunion qui a été reportée sine die.