Grèce: Comparution du néonazi soupçonné d'avoir tué un antifasciste

MONDE Il a admis son appartenance au parti néonazi d'Aube dorée...

avec AFP

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Le néonazi soupçonné d'avoir tué un musicien antifasciste, un meurtre qui a bouleversé la Grèce, a comparu samedi matin près d'Athènes devant un magistrat instructeur
Le néonazi soupçonné d'avoir tué un musicien antifasciste, un meurtre qui a bouleversé la Grèce, a comparu samedi matin près d'Athènes devant un magistrat instructeur — Louisa Gouliamaki AFP

Le néonazi soupçonné d'avoir tué un musicien antifasciste, un meurtre qui a bouleversé la Grèce, a comparu ce samedi matin près d'Athènes devant un magistrat instructeur, a constaté l'AFP.

Habillé d'un T-shirt violet, sous un gilet pare-balles, George Roupakias, un camionneur de 45 ans, est arrivé peu avant 9h (06H00 GMT) au tribunal de première instance du Pirée, le grand port qui touche Athènes, sous la surveillance de policiers des forces spéciales.

Aube doré dément tout lien avec le meurtrier présumé

Selon des sources policières, Roupakias a admis à la police, sur les lieux du crime, avoir poignardé à mort Pavlos Fyssas, un artiste de hip-hop et antifasciste convaincu âgé de 34 ans, dans la nuit de mardi à mercredi, dans le quartier de Keratsini, une banlieue ouvrière près d'Athènes.

Il a également admis appartenir au parti néonazi Aube dorée, selon les mêmes sources.

Aube dorée a démenti tout lien avec le meurtrier, mais des photos ont rapidement été découvertes, le montrant en train de participer à des activités de ce parti.

Les services antiterroristes bientôt concernés

Aube dorée est à l'origine de nombreuses violences contre des immigrés, des hommes politiques et militants de gauche, et a bénéficié jusqu'ici de la quasi impunité et de la tolérance des autorités.

Face à l'émotion provoquée par ce meurtre, en Grèce et à l'étranger, les autorités ont annoncé une série de mesures pour tenter de faire taire cette formation néonazie, qui compte 18 députés (sur 300), et surfe sur le chômage, les baisses de salaires, et le discrédit de la classe politique en Grèce.

Le ministère de l'Ordre public a ainsi décidé que les enquêtes sur les violences supposées commises par Aube dorée seraient désormais confiées aux services antiterroristes, et non plus aux simples services de police.

Le ministre de l'Ordre public Nikos Dendias a également demandé la levée de la protection policière dont bénéficient les 18 députés et les locaux de ce parti, jusqu'à ce que la justice se prononce sur les violences imputées à Aube dorée.