Les habitants de Homs, assiégés, appellent à l'aide

MONDE Ils demandent aux organisations internationales l'évacuation des civils afin de «mettre fin au désastre humanitaire»...

avec AFP

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Le drapeau syrien flotte au balcon dans une rue dévastée de Homs, en Syrie, le 31 juillet 2013.
Le drapeau syrien flotte au balcon dans une rue dévastée de Homs, en Syrie, le 31 juillet 2013. — JOSEPH EID

Les milliers de Syriens assiégés dans les quartiers rebelles de Homs vivent dans des conditions épouvantables et manquent de nourriture et de médicaments, ont alerté des militants, qui demandent l'évacuation des civils. «Rien ne peut ni entrer ni sortir des zones assiégées», a expliqué mercredi à l'AFP Yazan, un activiste de Homs, demandant l'aide des organisations internationales pour «sauver les enfants, les femmes et les personnes âgées». «La majorité des habitants présentent des symptômes de malnutrition. Il n'y a pas d'eau potable», et les maladies se multiplient dans les quartiers assiégés depuis 15 mois par l'armée, selon ce militant.

«La plupart des hommes assiégés sont recherchés par le régime» du président Bachar al-Assad, et les organisations humanitaires «doivent aider à évacuer les femmes et les enfants, en garantissant qu'ils ne soient pas arrêtés», explique Yazan, qui ne peut donner son nom pour raisons de sécurité.

«Les gens deviennent fous»

Il y a cinq jours, le conseil islamique des rebelles de Homs, l'instance qui «représente les familles», selon le militant, a publié un communiqué vidéo dans lequel l'imam Aboul Hareth demande de l'aide. «Je demande aux organisations humanitaires de faire pression sur le régime pour mettre fin à ce désastre humanitaire qu'endurent les femmes, les enfants et les personnes âgées», explique le cheikh, s'exprimant au nom de «500 familles». Pour Abou Bilal, pris au piège de Homs depuis plus d'un an, «les gens deviennent fous. Il n'y a ni sucre, ni boulgour, ni riz... Nous sommes sur la voie d'une tragédie de masse».

Les militants ont plusieurs fois imploré les ONG internationales d'apporter de l'aide aux quartiers rebelles, mais l'accès leur en est interdit, et l'armée frappe presque quotidiennement ces zones, utilisant ses tanks ou sa force aérienne. Selon Rami Abdel Rahman, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basée à Londres, «des milliers de personnes vivent dans les zones assiégées de Homs». «A travers toute la Syrie, les habitants de quartiers qui ont fait l'objet de combats sont sous surveillance constante, et risquent souvent la détention arbitraire», ajoute-t-il.

L'interdiction «illégale» faite aux ONG d'entrer dans les zones assiégées

Lama Fakih, une chercheuse de l'ONG Human Rights Watch, considère que l'interdiction faite aux organisations humanitaires de pénétrer dans les zones assiégées est «absolument illégale, chaque camp devant faciliter l'accès aux humanitaires». Le gouvernement de Bachar al-Assad «a imposé cette stratégie à travers le pays: il enferme la population dans des zones assiégées, et ne laisse entrer aucune personne, ni aucune aide», a-t-elle expliqué à l'AFP. Selon elle, cette tactique a été utilisée dans plusieurs quartiers rebelles de Homs, mais aussi dans la Goutha orientale, près de Damas. «Ils font cela pour pousser la population à abandonner les rebelles». Les militants ont pour habitude de décrire Homs, stratégiquement située sur la route qui mène de Damas à la côte, comme la «capitale de la révolution», mais une grande partie de la ville a été reprise par l'armée.