En Syrie, c'est le soulagement après la levée des menaces de frappes

SYRIE Les habitants, qu'ils soient pour ou contre le régime de Bachar al-Assad, sont rassurés par la proposition russe et la levée de la menace de frappes...

avec AFP

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Des Syriens évacuent un blessé après un raid aérien sur la ville d'Alep, le 26 août 2013.
Des Syriens évacuent un blessé après un raid aérien sur la ville d'Alep, le 26 août 2013. — ABO AL-NUR SADK / AFP

«On l'a échappé belle», dit avec un soupir de satisfaction un commerçant à Damas. Comme nombre de Syriens, Nabil est soulagé par la levée, même provisoire, de la menace de frappes américaines.

La Russie a créé la surprise lundi en annonçant avoir proposé à son allié, le régime syrien de Bachar al-Assad, de placer son stock d'armes chimiques sous contrôle international et de le détruire.

Damas a accueilli favorablement l'offre russe qui permet d'écarter pour le moment la menace de frappes américaines.

«Quand ma femme a vu l'information sur la proposition russe, elle a sauté de joie, et les enfants aussi», raconte un avocat de Damas.

Pro et anti-régime soulagés

Qu'elles soient pro-régime ou hostiles, les personnes interrogées par l'AFP ont toutes exprimé leur «soulagement». «La frappe est annulée, elle aurait provoqué de terribles destructions», affirme Abou Hussein, un tailleur.

Chacun des missiles qui devaient viser des établissements militaires du régime dans la capitale et les autres régions syriennes, «coûte un million de dollars», dit le tailleur. «La terre aurait tremblé à Damas», assure-t-il.

«On l'a échappé belle»

«On l'a échappé belle», affirme Nabil, un commerçant de la rue Salhié, qui ne porte pas vraiment le régime dans son coeur. «Le régime a ainsi bel et bien prouvé qu'il possédait des armes chimiques et qu'il allait les abandonner. Mais une intervention militaire provoquerait encore plus de victimes et de destructions», selon lui.

«La situation pourrait devenir imprévisible dans un pays en état de guerre» depuis deux ans et demi, dit-il, jugeant que l'idée de remettre les armes chimiques en contrepartie des frappes était «bonne». Plus de 110.000 personnes sont mortes depuis le début du mouvement de contestation en mars 2011 en Syrie, transformé par la répression, en un conflit armé meurtrier, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les Etats-Unis préparaient des frappes contre plus de 50 objectifs militaires du régime en Syrie, accusé d'être responsable de l'attaque chimique mortelle du 21 août dans la banlieue de Damas.

«Dites-au monde entier que nous voulons la paix»

Dans le quartier de Bab-Touma à Damas, Nabila al-Zawahiri, professeur d'anglais, habillée en noir, assiste les yeux rougis aux funérailles de cinq habitants tués à Maaloula, petit bourg chrétien au nord de la capitale lors des violences la semaine dernière. «Nous ne sommes pas des animaux mais des êtres humains, il faut que les gens puissent parler au lieu de s'entretuer. Quand j'ai entendu qu'il n'y aurait pas de frappes, je me suis dit tant mieux, cela fera moins de morts».

Alors que les miliciens des Comités de défense de la ville, favorables au régime, tiraient en l'air pour saluer la mémoire des morts, elle s'écrie «à quoi cela sert-il de tirer, ça effraie les gens. Dites-au monde entier que nous voulons la paix».