Petrobras: Brasilia dénonce l'espionnage économique présumé de Washington

MONDE La présidente Dilma Rousseff somme Barack Obama de s'expliquer...

avec AFP

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La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, le 17 juin 2013.
La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, le 17 juin 2013. — E.PERES/AP/SIPA

Il y a de l'eau dans le gaz entre Brasilia et Washington. Lundi, la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a déclaré que le cas présumé d'espionnage par les services secrets américains du géant pétrolier brésilien Petrobras pourrait répondre à des intérêts «économiques et stratégiques».

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«Si les faits se confirment, il deviendrait évident que l'espionnage (du groupe) n'est pas une question de sécurité ou de lutte contre le terrorisme mais qu'il répond à des intérêts économiques et stratégiques», a affirmé la présidente dans un communiqué.

Dimanche soir, la chaîne de télévision brésilienne Globo a révélé que les Américains avaient espionné les réseaux internet privés de Petrobras, la plus grande entreprise du Brésil. Ces accusations sont fondées sur de nouveaux documents de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) fournis par l'ex-informaticien américain Edward Snowden au journaliste américain Glenn Greenwald qui vit à Rio de Janeiro.

«Incompatibles avec la cohabitation démocratique»

«Ces tentatives de violation et d'espionnage de données et d'informations sont incompatibles avec la cohabitation démocratique entre des pays amis», a souligné Rousseff. «Nous prendrons toutes les mesures pour protéger le pays, le gouvernement et les entreprises», a ajouté la chef de l'Etat.

Le chiffre d'affaires annuel de Petrobras est de 280 milliards de reais (91 milliards d'euros) et la compagnie est le numéro un mondial dans l'exploitation de pétrole en eaux très profondes, avait souligné dimanche la TV Globo.

Brasilia veut des explications d'ici mercredi

Il y a une semaine, cette même chaîne avait déjà révélé à travers des documents de Snowden datant de juin 2012 que les communications de la présidente brésilienne Dilma Rousseff et ses proches collaborateurs avaient été espionnées, des faits qualifiés «d'inacceptables» par Brasilia. Brasilia attend des explications du président américain Barack Obama d'ici à mercredi.

Lundi, le ministre brésilien des Affaires étrangères, Luiz Alberto Figueiredo, est parti aux Etats-Unis où il rencontrera cette semaine la conseillère à la sécurité nationale, Susan Rice, pour discuter de ces accusations d'espionnage, a indiqué son ministère. La réunion entre les deux responsables est prévue mercredi ou jeudi, en principe à Washington, mais la date n'a pas été confirmée, a précisé une porte-parole à l'AFP.

La présidente brésilienne Dilma Rousseff a abordé ce cas d'espionnage avec son homologue Barack Obama en marge du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg la semaine dernière où elle avait annoncé la rencontre entre Rice et Figueiredo.

Le gouvernement américain a également espionné les réseaux privés de communications du ministère français des Affaires étrangères, du système bancaire international Swift et de Google, outre la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras, selon les documents fournis par Snowden.