Syrie: La Russie propose de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international

DIPLOMATIE L'initiative a été bien accueillie en Occident...

avec AFP

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Vladimir Poutine le 3 septembre 2013 à Moscou.
Vladimir Poutine le 3 septembre 2013 à Moscou. — M. SHIPENKOV / AFP

Et si la Russie réussissait finalement à éviter les frappes contre le régime de Bachar al-Assad? Contre toute attente, Moscou a pris l'initiative lundi dans le dossier syrien en suggérant de placer l'arsenal chimique de Damas sous contrôle international. Une proposition accueillie plutôt favorablement par Washington et qui pourrait -si elle se concrétise- éloigner la perspective d'une intervention militaire en Syrie.

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L'annonce de cette initiative de Moscou intervient le jour de la rentrée des parlementaires américains qui devraient se prononcer, d'ici la fin de semaine prochaine, sur le bien-fondé de frappes militaires «limitées» contre le régime de Damas, accusé d'avoir lancé une attaque chimique le 21 août qui a fait des centaines de morts.

Fabius demande un «examen précis» de la proposition

«Si le régime mettait immédiatement ses stocks (d'armes chimiques) sous contrôle international, ce serait une étape importante», a estimé l'ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton, peu après avoir rencontré Barack Obama à la Maison Blanche. Cependant, «cela ne peut pas être une nouvelle excuse pour un délai ou une obstruction», a-t-elle ajouté en écho aux propos des conseillers d'Obama qui soulignaient la nécessité de «ne pas relâcher la pression» sur le régime syrien. Clinton, possible candidate à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2016, a par ailleurs souligné que cette proposition n'avait pu être formulée que «dans le contexte d'une menace digne de foi d'action militaire par les Etats-Unis».

La France a estimé que la proposition russe méritait «un examen précis», le chef de la diplomatie Laurent Fabius, réclamant «des engagements précis, rapides et vérifiables» de la part de Damas. La chancelière allemande Angela Merkel a pour sa part jugé la proposition «intéressante». La Syrie, elle, a immédiatement «accueilli favorablement» cette proposition, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, tout en se gardant d'être plus explicite sur le fond.

Les nouvelles menaces d'Assad

Dans la foulée, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé à la création de zones supervisées par les Nations unies en Syrie où les armes chimiques du pays pourraient être détruites. «J'étudie la possibilité de demander de manière urgente au Conseil de sécurité d'exiger le transfert immédiat des stocks d'armes et de précurseurs chimiques dans des zones en Syrie où ils pourraient être entreposés en sûreté et détruits», a-t-il précisé, jugeant indispensable de surmonter «l'embarrassante paralysie» du Conseil sur le dossier syrien.

Plus tôt dans la journée, Bachar al-Assad avait, lui, lancé une mise en garde à Washington lors d'un entretien télévisé diffusé par la chaîne américaine CBS. Soulignant que la situation pourrait devenir imprévisible dans une région «perpétuellement au bord de l'explosion», il a longuement insisté sur les conséquences imprévisibles d'éventuelles frappes sur son pays.

«Le gouvernement (syrien) n'est pas le seul acteur dans la région. Il y a différentes parties, différentes factions, différentes idéologies», a-t-il ajouté: «Si vous n'êtes pas prudents, vous en paierez le prix». «Je ne suis pas devin, je ne peux pas vous dire ce qui va arriver», a-t-il ajouté, sans exclure l'emploi d'armes chimiques «si les rebelles, ou des terroristes dans la région, ou tout autre groupe, en possèdent».