Syrie: Pourquoi le Congrès américain pourrait mettre plus longtemps que prévu à se décider

Bertrand de Volontat

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Le congrès américain à Washington en 2004.
Le congrès américain à Washington en 2004. — WITT/SIPA

Le Président Barack Obama aura la lourde tâche, à partir de ce lundi, de retourner un Congrès et une opinion publique sceptiques face au recours à la force en Syrie, où Bachar al-Assad a assuré n'être pour rien dans l'attaque chimique du 21 août. Un travail de longue haleine, qui pourrait durer… plusieurs semaines.

Le processus dont il est question ressemble en tout point au vote d’une loi ordinaire: il faut donc que le Sénat et la Chambre des représentants approuvent un texte similaire afin que cette autorisation ait force de loi. Le circuit décisionnel dépend donc maintenant de la volonté des présidents des deux chambres d’inscrire le vote de ce texte à l’agenda des travaux de leur assemblée.

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Deux votes nécessaires au Sénat

Au Sénat, le débat sur la résolution autorisant l'usage de la force, déjà adoptée en commission, ne commencera formellement que mardi. «Il est probable que le vote au Sénat ait lieu dès ce mercredi, au lendemain de l’intervention télévisée du Président Obama visant à convaincre la population américaine du bien-fondé d’une intervention militaire américaine limitée en Syrie», explique Martin Michelot, chercheur au German Marshall Fund (GMF).

Le premier vote au Sénat aura besoin de 60 voix sur les 100 sénateurs pour autoriser la résolution à être votée. Pour être adoptée, elle nécessitera le vote de 50 sénateurs à une question «oui ou non». «Cela peut aller très vite», commente le chercheur, mais la part d’inconnu reste grande. Le sénateur Rand Paul, un républicain connu pour son long discours de filibuster, prévoit ainsi de retarder au maximum l’avancée de la résolution. «Il reste très dur de prédire le processus de “mise sur agenda”, soumis à des influences intérieures et des discussions de couloirs sous-tendant un processus décisionnel américain qui a de plus en plus tendance à se baser sur des mérites partisans plutôt que politiques. »

La Chambre pourrait modifier la résolution

Ensuite seulement, la résolution sera transmise à la Chambre des représentants où là, 218 votes sur 435 seront nécessaires pour voter la loi. Les dernières discussions font état d’un vote la semaine prochaine. Enfin, si la Chambre des représentants décide de voter une version différente de la résolution, les deux présidents d’assemblée devront trouver un compromis et le projet sera renvoyé pour un vote final devant les deux chambres.

Selon le Washington Post, seuls 23 sénateurs et 25 représentants se sont prononcés pour le moment en faveur d’une intervention. La route est encore longue pour Barack Obama.