Syrie: Le journaliste italien, libéré dimanche, est entendu par la justice ce lundi

LIBERATION Domenico Quirico, journaliste de La Stampa enlevé en avril en Syrie, est arrivé dans la nuit de dimanche à lundi à Rome...

avec AFP

— 

Le journaliste Domenico Quirico, enlevé en avril et libéré dimanche en Syrie, est arrivé à Rome dans la nuit de dimanche à lundi.
Le journaliste Domenico Quirico, enlevé en avril et libéré dimanche en Syrie, est arrivé à Rome dans la nuit de dimanche à lundi. — Riccardo De Luca/AP/SIPA

L'envoyé spécial du quotidien italien La Stampa, Domenico Quirico, enlevé en avril et libéré dimanche en Syrie, doit être entendu lundi matin par la justice à Rome, a-t-on appris auprès des autorités.

Fatigué mais en bonne santé

Agé de 62 ans, le journaliste, arrivé aux environs de minuit à l'aéroport Cimapino de Rome, où il a été accueilli par la ministre italienne des affaires étrangères, Emma Bonino, est apparu fatigué, amaigri, mais en bonne santé, selon des images de la télévision italienne.

Cinq mois de détention et de tortures

L'enseignant belge Pierre Piccinin, enlevé en Syrie en avril et libéré dimanche avec Domenico Quirico, a témoigné lundi avoir subi «des violences physiques très dures»" au cours de sa détention, qui a été «une odyssée terrifiante à travers toute la Syrie».

«Deux fausses exécutions au revolver»

«Domenico a subi deux fausses exécutions au revolver», a-t-il précisé.

Voyageant ensemble, les deux hommes étaient entrés en Syrie par le Liban le 6 avril. «Deux jours plus tard, nous étions à Qousseir (centre) et c'est là que l'Armée syrienne libre (ASL) nous a arrêtés puis livrés à la brigade Abou Ammar, du nom de son chef. Ces gens sont des demi-dingues, plus brigands qu'islamistes, plus ou moins inféodés au mouvement Al-Farouk, l'un des principaux groupes de rebelles même s'il a un peu éclaté ces derniers temps», a expliqué Pierre Piccinin, interrogé par le quotidien Le Soir.

«Nous avons essayé de nous échapper deux fois. Une fois, on a profité de la prière, on s'est emparé de deux kalachnikovs (...) Pendant deux jours, on a couru la campagne avant de se faire reprendre et là de se faire très sérieusement punir pour cette tentative d'évasion», a raconté le professeur d'histoire.

L'une des filles du journaliste, Metella, qui avait avec sa soeur Eleonora lancé en juin un appel vidéo émouvant, diffusé en plusieurs langues, dont l'arabe, où elles demandaient qu'on leur fournisse «toutes les informations pouvant permettre de le retrouver», a déclaré à l'agence Ansa être «émue et heureuse, et très impatiente de l'embrasser à nouveau».

La justice italienne a ouvert une enquête

La justice italienne a ouvert une enquête sur son enlèvement et doit entendre le journaliste dans la matinée.

Quand il a été enlevé en avril, après être entré en Syrie par le Liban sans visa délivré par les autorités syriennes, c'était la quatrième fois que Quirico se rendait en Syrie. Le journaliste a couvert des événements sur le continent africain, en Libye mais aussi au Soudan, au Darfour ou au Mali.