Syrie: Bachar Al-Assad nie être responsable de l'attaque chimique du 21 août

avec AFP

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Bachar al-Assad à Damas, Syrie, le 7 août 2012.
Bachar al-Assad à Damas, Syrie, le 7 août 2012. — AY-COLLECTION/SIPA

A quelques jours du vote crucial du Congrès américain sur une éventuelle intervention militaire en Syrie, la guerre de communication bat son plein.

Après son interview au quotidien Le Figaro la semaine dernière, le président Syrien a choisi sans surprise un média américain pour livrer «sa vérité» sur les atrocités commises le 21 août dernier.

«Pas de preuve»

Dans une interview accordée à CBS, dont des extraits doivent être diffusés lundi matin par la chaîne, puis l'intégralité lundi soir sur une autre chaîne PBS, le dirigeant syrien nierait farouchement être derrière l’attaque chimique qui a fait plusieurs centaines de morts dans la banlieue de Damas.

«Il a nié avoir quelque chose à voir dans cette attaque», a affirmé dimanche le journaliste de CBS Charlie Rose qui l’a interviewé à Damas. «La chose la plus importante qu'il ait dite, c'est "qu'il n'y a pas de preuve que j'ai utilisé des armes chimiques contre mon peuple"», a ajouté le journaliste américain.

Le président syrien a aussi dit «qu'il ne savait pas nécessairement s'il y aurait une frappe» en Syrie mais que les Syriens s'y «étaient préparés du mieux qu'ils le pouvaient», selon Charlie Rose.

Le dirigeant syrien a aussi «un message pour les Américains, que s'engager dans des guerres et des conflits au Proche-Orient n'avait pas été une bonne expérience» pour eux.

«Mensonge»

Invité dimanche par la même chaîne CBS, le secrétaire général de la Maison Blanche Denis McDonough a réagi à ces propos, estimant que «cela (lui) semblait être un mensonge».

Interrogé sur les preuves montrant que les armes chimiques ont été utilisées par Assad, Denis McDonough a répondu qu'il souhaitait que tous les élus puissent «voir ces vidéos», diffusées par CNN et sur un site du Sénat, montrant des corps frappés de convulsions ou d'enfants morts lors des attaques du 21 août.

Il a aussi jugé «important» que le Congrès, qui doit se prononcer sur ces frappes, «valide cette résolution [autorisant une intervention] pour que nous puissions envoyer un message clair et très convaincant à quelqu'un qui visiblement ne comprend pas les conditions (posées par) la communauté internationale» en matière d'armes chimiques, a plaidé le responsable de l'exécutif américain.

«Pas approuvé personnellement»

Selon des écoutes de l'armée allemande révélées dimanche par le journal Bild, Bachar al-Assad n'aurait vraisemblablement pas approuvé personnellement l'attaque du 21 août.

De hauts gradés de l'armée syrienne «réclament régulièrement depuis environ quatre mois des attaques chimiques au palais présidentiel à Damas (mais) ces demandes ont été toujours refusées, et l'attaque du 21 août n'a vraisemblablement pas été approuvée personnellement par Bachar al-Assad», rapporte le Bild, s'appuyant sur des écoutes effectuées par un navire allemand près des côtes syriennes.

Le président américain Barack Obama et son administration ont intensifié leur campagne pour persuader les élus du Congrès, qui font leur rentrée lundi, d'une intervention en Syrie.

Barack Obama les a exhortés à ne pas fermer les yeux après les attaques du 21 août, qui ont fait plusieurs centaines de morts, notamment parmi les civils.

Le président doit enregistrer lundi des interviews avec trois grands réseaux de télévision et les chaînes PBS, CNN et Fox News, puis s'adresser mardi à la nation.