Les leaders du G20 immergés dans la crise syrienne

SYRIE Au premier jour du G20 de Saint-Pétersbourg, le dossier syrien fait de l'ombre aux traditionnels sujets économiques...

avec AFP

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Le sommet du G20 de Saint-Pétersbourg, en Russie, le 5 septembre 2013.
Le sommet du G20 de Saint-Pétersbourg, en Russie, le 5 septembre 2013. — AFP

Chaude ambiance à Saint-Pétersbourg. Les leaders des pays du G20 sont entrés de plain-pied dans la crise syrienne, abordée de manière officielle lors d'un dîner de gala ce jeudi soir qui promettait d'être très tendu entre Barack Obama et Vladimir Poutine.

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Le président américain, promoteur d'une intervention militaire contre le régime syrien de Bachar al-Assad qu'il accuse d'utiliser des armes chimiques, est arrivé seul à ce dîner protocolaire au somptueux palais de Peterhof, paré pour l'occasion d'un impressionant habit de lumière bleu. Ce repas devait être l'occasion d'aborder la crise syrienne, source de très vives tensions diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie depuis plusieurs jours, Moscou soutenant Damas et s'opposant à l'option militaire américaine.

La Syrie plutôt que l'économie

Dès l'ouverture officielle du sommet ce jeudi après-midi sous les ors du palais de Constantin, Poutine a proposé que cette guerre soit abordée au dîner de travail du G20, enceinte habituellement consacrée aux problèmes économiques, cette fois totalement écrasés par le dossier syrien.

Depuis plusieurs jours la crispation entre Etats-Unis et Russie va croissant, avec menaces d'escalade militaire et rebuffades diplomatiques, et ce malgré la cordialité forcée de la poignée de main officielle à Saint-Pétersbourg. Jeudi, trois navires de guerre russe ont franchi le détroit turc du Bosphore pour se rendre près des côtes syriennes. L'ambassadrice américaine à l'ONU, Samantha Power, s'en est vivement pris à la Russie, accusée jeudi de «prendre le Conseil de sécurité en otage» en bloquant, ainsi que la Chine, toute décision sur la Syrie.

A Saint-Pétersbourg, lors d'une rencontre avec le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, Obama a déclaré jeudi que les leaders mondiaux réunis devraient «admettre que l'utilisation d'armes chimiques en Syrie n'était pas seulement une tragédie mais aussi une violation du droit international qui devait être réglée».

Le président français François Hollande, également dans le camp des bellicistes, s'est notamment entretenu avec le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, également favorable à l'option militaire et dont les troupes se renforcent à la frontière syrienne, selon les médias turcs. L'autre verrou onusien à une opération militaire, la Chine, a fait savoir jeudi que, selon elle, «la situation actuelle montre que la solution politique est la seule voie» possible pour régler la crise.

Visite impromptue de Merkel à Hollande

Le Premier ministre britannique David Cameron a affirmé avoir de nouvelles preuves de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. «Nous avons examiné au laboratoire de Porton Down en Angleterre des échantillons prélevés à Damas qui montrent de nouveau l'usage d'armes chimiques dans la banlieue de Damas», a déclaré jeudi à la BBC David Cameron, depuis Saint-Pétersbourg.

Mais Obama ne peut compter dans son bras de fer sur des alliés européens unis, puisque seul François Hollande est aujourd'hui prêt à frapper Damas. L'Allemagne, notamment, pense que «cette guerre doit prendre fin et cela ne se fera que politiquement», selon la chancelière Angela Merkel qui assure que «l'Allemagne ne s'associera en aucun cas à une action militaire».

Les leaders européens tentaient jeudi d'accorder leurs violons. Angela Merkel a rendu une visite impromptue à François Hollande. Peu avant le dîner, les représentants des cinq pays européens présents (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie et Espagne) se sont réunis avec ceux de l'UE, pour tenter de trouver une position commune, selon une source française. Et les leaders européens ont aussi tenu un apparté avec Barack Obama dans la salle du dîner, juste avant de prendre place, selon les images télévisées.

Sur le terrain, la chef des opérations humanitaires des Nations unies, Valerie Amos, est arrivée jeudi à Damas pour des entretiens avec des responsables syriens. A l'ouest de Damas, quatre personnes ont été tuées et six blessées par l'explosion d'une voiture piégée.