Accident de Saint-Jacques de Compostelle: Le point sur l’enquête

ESPAGNE Le drame qui a fait 79 morts et près de 180 blessés le 24 Juillet dernier. Neuf personnes sont toujours hospitalisées en Galice, dont une dans un état critique...

Bérénice Dubuc

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Arrivée des secours après le déraillement du train à l'approche de Saint-Jacques-de-Compostelle, le 24 juillet 2013.
Arrivée des secours après le déraillement du train à l'approche de Saint-Jacques-de-Compostelle, le 24 juillet 2013. — CORRAL OSCAR/CHINE NOUVELLE/SIPA

Mercredi soir, les équipes de football du SD Compostelle et du Celta Vigo se sont rencontrées à l’occasion d’un match amical à Santiago en hommage aux victimes de l'accident de train de Compostelle. L’occasion de faire le point sur l’enquête relative à ce drame qui a fait 79 morts et près de 180 blessés le 24 Juillet dernier.

Reste-t-il encore des personnes hospitalisées?

Oui. Neuf personnes sont toujours soignées dans trois hôpitaux de Galice, l'un d'entre eux est toujours dans un état critique.

Quels sont les éléments connus de l’enquête?

Fin juillet, le conducteur du train, Francisco José Garzon, a été inculpé de 79 faits «d'homicide par imprudence» et de multiples infractions pour coups et blessures. Selon les informations des boîtes noires du train, il roulait à 153 km/h au moment de l’accident, et le conducteur était au téléphone avec ce qui semble être un contrôleur de la Renfe. Selon les médias, le conducteur a reconnu avoir eu un moment de «distraction» et ne pas avoir freiné à temps. Plusieurs journaux ont affirmé qu’il avait «confondu» le tronçon où il se trouvait avec un autre et, quand il a commencé à réduire sa vitesse, il était trop tard pour garder le contrôle du convoi. Le tribunal de Galice, qui a analysé les boîtes noires, a ajouté «qu'un frein avait été activé quelques secondes avant l'accident».

Y a-t-il eu d’autres mises en examen?

Il devrait y en avoir d’autres. Selon le journal El Mundo le train, en arrivant dans le délicat virage, devait quitter un tronçon où il était autorisé à rouler à 220 km/h pour réduire sa vitesse à 80, mais, souligne le quotidien, «cet itinéraire laisse le conducteur décider du moment et de la manière de commencer à décélérer. (…) Rien ne lui disait comment ni où le faire».

Le manque d'information sur la voie où le drame s'est produit a donc été mis en cause par le juge chargé de l'enquête judiciaire, Luis Alaez, et l'Adif, gestionnaire du réseau ferré espagnol, a du constituer une liste des responsables de la sécurité des voies depuis la conception du tronçon en question. Le juge Alaez devant déterminer qui inculper.

Quelles mesures ont été prises en faveur des victimes?

Une série de mesures a été prise pour renforcer la prise en charge des victimes de l'accident. Un bureau a ainsi été créé pour informer les victimes de leurs droits, de la procédure à suivre pour être indemnisé et des différentes étapes judiciaires. Une association des victimes de l'accident ferroviaire d’Alvia à Saint-Jacques-de-Compostelle (APAFAS) a aussi vu le jour. Ses membres sont en contact avec le cabinet d'avocats qui avait suivi le dossier des victimes du crash de Spanair. Le président de l’association, Christopher Gonzalez, a indiqué à El Mundo que si Francisco José Garzón était «sans aucun doute responsable», le facteur humain «n'est pas la seule cause de l'accident».

Y a-t-il eu des conséquences en matière de sécurité?

Oui. Les mesures de sécurité ont été renforcées fin août sur 80 points sensibles du réseau ferroviaire espagnol de façon provisoire, dans l’attente de la publication des conclusions du rapport judiciaire sur l'accident et des conclusions de l'examen général du réseau ordonné par le gouvernement début août. Par ailleurs, lors de sa première session plénière automnale la semaine prochaine, le Parlement de Galice débattra de la mise en place d'une commission d’enquête parlementaire sur les causes du déraillement.