Syrie: Une première étape franchie au Congrès américain pour une intervention, Damas ne cède pas

DIPLOMATIE En coulisse, chaque camp cherche à trouver des alliés alors que la tenue du G20 de Saint-Pétersbourg approche...

avec AFP

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Barack Obama, Bachar al-Assad et François Hollande (montage 20 Minutes).
Barack Obama, Bachar al-Assad et François Hollande (montage 20 Minutes). — SIPA / SIPA / AFP

Certains aiguisent leurs aguments, d'autres gonflent les muscles. Les gouvernements américain et français tentent toujours d'obtenir un appui le plus large possible dans leurs pays et à l'étranger pour une intervention militaire en Syrie, tandis que Damas assure qu'elle ne cèdera pas «même s'il y a une troisième guerre mondiale».

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a mis en garde Washington contre une «agression» contre la Syrie «en dehors du cadre de l'ONU» tandis que Paris et Washington préparent leurs opinions publiques à des frappes visant le régime syrien, accusé d'avoir fait usage de l'arme chimique le 21 août près de Damas.

«Sanctionner et dissuader»

«Nous voulons à la fois sanctionner et dissuader, répondre à cette atrocité pour éviter qu'elle ne se reproduise», a dit le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. «Nous voulons aussi montrer à Bachar al-Assad qu'il n'a pas d'autres solutions que celle de la négociation», a-t-il ajouté lors d'un débat sans vote organisé simultanément à l'Assemblée nationale et au Sénat, l'un et l'autre divisés.

A Damas, le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Moqdad a assuré que «le gouvernement syrien ne changerait pas de position même s'il y a une troisième guerre mondiale.»

«La crédibilité de la communauté internationale est en cause»

Barack Obama, en visite en Suède, doit s'entretenir jeudi et vendredi à Saint-Pétersbourg avec ses homologues français et chinois, et avec le Premier ministre japonais. Il a affirmé que la communauté internationale ne devait pas rester «silencieuse» face à la «barbarie» en Syrie. Obama, qui avait parlé en août 2012 de «ligne rouge» à ne pas franchir par le régime syrien, a affirmé que c'était «le monde entier» qui avait fixé de telles limites en adoptant des normes internationales interdisant le recours à des armes chimiques.

«Ce n'est pas ma crédibilité qui est en cause. La crédibilité de la communauté internationale est en cause, et la crédibilité des Etats-Unis et du Congrès est en cause», a insisté le président, qui a réclamé samedi des élus un feu vert à l'usage de la force en Syrie. Il s'est dit persuadé que le Congrès voterait en faveur.

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La commission des Affaires étrangères du Sénat américain a approuvé mercredi un projet de résolution autorisant des frappes militaires en Syrie pour 60 jours, avec une possibilité d'extension à 90. Ce vote était une étape indispensable à l'examen en séance plénière par le Sénat la semaine prochaine. L'issue des votes des deux chambres du Congrès reste incertaine.

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry participait à une audition publique à la Chambre des représentants, où de nombreux parlementaires ont l'intention de voter contre l'usage de la force qu'il a défendu évoquant un «vote de responsabilité, un vote pour les normes et les lois du monde civilisé».

La Syrie «mobilise ses alliés»

Face à ces menaces, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères a assuré que «la Syrie avait pris toutes les mesures pour riposter à une telle agression» et «mobilise ses alliés» comme la Russie et l'Iran. Allié du président Bachar al-Assad, M. Poutine a lui estimé que si le Congrès américain autorisait des frappes, les Etats-Unis «autoriseraient une agression, car tout ce qui se fait en dehors du Conseil de sécurité de l'ONU est une agression, à l'exception de l'autodéfense».

Il avait auparavant exigé des «preuves convaincantes» d'un éventuel usage de l'arme chimique par son allié syrien, tout en adoptant un ton plus conciliant envers l'Occident sur ce dossier à la veille de l'ouverture en Russie du G20.