Syrie: Paris publie des preuves de l'attaque chimique

SYRIE Alors que la France convaincue, preuves à l'appui, que Damas est responsable d'une attaque chimique ayant fait au moins 281 morts, Bachar al-Assad qualifie l'Etat français d'«ennemi»...

avec AFP
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Jean-Marc Ayrault à Paris le 2 septembre 2013.
Jean-Marc Ayrault à Paris le 2 septembre 2013. — ANTONIOL ANTOINE/SIPA

La France a diffusé ce lundi des preuves de la responsabilité, selon elle, du régime syrien dans l'attaque chimique du 21 août, au moment où le président Bachar al-Assad mettait en garde contre le risque d'une «guerre régionale».

Paris a diffusé sur internet une «note de synthèse nationale de renseignement» déclassifiée, selon laquelle «le 21 août 2013 le régime syrien a lancé une attaque sur certains quartiers de la banlieue de Damas tenus par les unités de l'opposition, associant moyens conventionnels et usage massif d'agents chimiques». «L'attaque du 21 août ne peut avoir été ordonnée et conduite que par le régime», ajoute ce rapport, qui parle d'«emploi massif et coordonné d'agents chimiques contre la population civile».

Une telle opération requiert «un niveau de sophistication qui n'appartient qu'au régime», a précisé une source gouvernementale française, soulignant que l'attaque chimique avait été lancée à partir de zones «tenues par le régime» vers des zones «intégralement tenues par les rebelles». «Sur la base d'une analyse méthodique de 47 vidéos originales des événements du 21 août(...) ont été recensés au moins 281 décès», selon la note de synthèse nationale de renseignement qui précise «Avec plus de mille tonnes d’agents chimiques de guerre et de précurseurs, Damas détient l’un des stocks opérationnels les plus importants au monde».

La France n'agira pas seule

La note assure également que Damas est responsable d'autre sattaque chimique, le 12 et 14 à Jobar et le  29 avril, à Saraqeb. Plusieurs vidéos, qui peuvent heurter la sensibilité, sont par ailleurs diffusés sur le site du ministère de la Défense et prouvent l'utilisation d'armes chimiques.

Ce sont ces documents que Jean-Marc Ayrault a présenté au principaux responsables parlementaires reçus lundi à Matignon. François Hollande «continue son travail de persuasion pour réunir dans les meilleurs délais (une) coalition», a déclaré le Premier ministre après les entretiens pour expliquer les temporisations américaines et britanniques. «Il n'est pas question pour la France d'agir seule», a-t-il insisté, confirmant qu'un débat du Parlement mercredi se ferait «sans vote», contrairement aux procédures britannique et américaine.

 

 La Russie toujours opposée à toute frappe

Côté Etats-Unis, le Congrès doit se prononcer sur une intervention en Syrie à partir de la rentrée parlementaire le 9 septembre. Le secrétaire d'Etat John Kerry a assuré que les Etats-Unis avaient reçu et analysé des échantillons prouvant l'utilisation de gaz sarin dans l'attaque du 21 août, qu'il a attribuée au régime de Damas.

A Bruxelles, le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a été dans le même sens, se disant «convaincu que non seulement une attaque chimique s'est produite (...) mais que le régime syrien en est responsable». Il a précisé avoir eu accès à des informations «concrètes» classifiées de pays membres de l'Alliance.

A trois jours d'un sommet du G20 jeudi à Saint-Pétersbourg - durant lequel aucun tête-à-tête n'est prévu entre Vladimir Poutine et Barack Obama - la Russie a quant à elle réitéré son opposition à une frappe contre son allié syrien. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a assuré lundi qu'une intervention contre Damas pourrait «reporter pour longtemps, voire à jamais, les perspectives» d'une conférence de paix en vue d'un règlement du conflit syrien, qui a déjà fait plus de 110.000 morts.