Chine: Un officiel aux montres luxueuses jugé pour corruption

avec AFP

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Un officiel chinois, dont le penchant pour les montres de luxe avait été dénoncé, photos à l'appui, sur les réseaux sociaux, est jugé vendredi pour corruption, ont annoncé des médias d'Etat.

Surnommé «Frérot montres» sur l'internet chinois, Yang Dacai, ex-directeur du Bureau d'inspection de la sécurité de la province du Shaanxi (nord), avait été démis de ses fonctions en septembre 2012 en raison de «graves manquements à la discipline» du Parti communiste.

Les déboires ont commencé pour M. Yang le jour où il avait été photographié en train d'afficher un large sourire sur le site d'une collision entre un autocar et un camion-citerne qui avait fait 36 morts dans sa région en août 2012.

En dépit de ses excuses, il était alors devenu la bête noire des internautes chinois, qui ont rassemblé et mis en ligne sur le site de microblogs Weibo (équivalent de Twitter) diverses photos prouvant qu'il possédait au moins 11 montres de marque, pour une valeur cumulée de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Renforcer la luttre contre la corruption

Yang Dacai est accusé de posséder des biens fonciers et immobiliers d'une valeur totale de 5,04 millions de yuans (615.000 euros) de sources inexpliquées, et d'avoir accepté pour 250.000 yuans de pots-de-vin, a indiqué vendredi la télévision publique CCTV sur son microblog officiel.

Ce procès intervient alors que les autorités chinoises ont affiché ces derniers mois leur volonté de renforcer la lutte contre la corruption à tous les niveaux de l'administration - une campagne très inégalement appliquée.

D'autres hauts fonctionnaires communistes avaient déjà été dénoncés sur internet en raison de leurs montres-bracelets.

En décembre, Yuan Zhanting, maire de Lanzhou, capitale de la province déshéritée du Gansu (nord-ouest), avait été mis en difficulté après la diffusion par un internaute de clichés sur lesquels il arborait au total cinq luxueuses mécaniques, dont une Omega valant 150.000 yuans (18.300 euros)

Malgré l'influence croissante des internautes chinois dans la dénonciation des cadres corrompus, la liberté d'expression sur les réseaux sociaux reste cependant étroitement contrôlée, comme en témoigne la récente vague d'arrestations d'utilisateurs de Weibo, accusés de «répandre des rumeurs».