Syrie: Le Parlement britannique s'oppose à une intervention, les USA toujours à la recherche d'une coalition internationale

SYRIE La réunion des membres permanents du Conseil de sécurité n'a pas permis de faire de progrès apparents...

avec AFP

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Photo fournie par Shaam News Network montrant les experts de l'ONU entourés par des combattants rebelles, des civils et des journalistes le 28 août 2013 à leur arrivée à Ghouta, l'un des sites de l'attaque chimique présumée
Photo fournie par Shaam News Network montrant les experts de l'ONU entourés par des combattants rebelles, des civils et des journalistes le 28 août 2013 à leur arrivée à Ghouta, l'un des sites de l'attaque chimique présumée — Mohamed Abdullah Shaam News Network

UPDATE 7h18: Les USA cherchent toujours une «coalition internationale» à propos de la Syrie.

Le Parlement britannique a rejeté jeudi soir une motion présentée par le Premier ministre qui défendait le principe d'une intervention militaire en Syrie en réponse à l'usage d'armes chimiques dont il accuse Damas. «Il est clair que le Parlement britannique ne veut pas d'intervention militaire britannique. Je prends note et le gouvernement agira en conséquence», a réagi David Cameron après ce vote, ajoutant qu'il était «attaché au respect de la volonté de la Chambre des Communes».

Bachar al-Assad, lui, a menacé de défendre son pays «contre toute agression» des Occidentaux qui maintiennent la pression en poursuivant leurs préparatifs militaires au moment où les experts de l'ONU rentrent dans la dernière ligne droite de leur enquête sur l'utilisation présumée de l'arme chimique par Damas.

Les Etats-Unis recherchent toujours «une coalition internationale» pour répondre à l'attaque présumée à l'arme chimique, a déclaré vendredi le chef du Pentagone Chuck Hagel. «Notre approche est de continuer pour trouver une coalition internationale qui agira de concert», a déclaré le secrétaire américain à la Défense lors d'une conférence de presse à Manille.

45 minutes de réunion

Dans ce contexte de grande tension où le décor semble planté pour une opération militaire limitée contre Damas, mais où le scepticisme commence à s'installer dans de nombreuses capitales sur l'opportunité d'une telle intervention, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU se sont réunis à huis clos pour continuer à examiner un projet de résolution britannique qui justifierait une intervention militaire contre le régime syrien pour le punir d'avoir employé des armes chimiques contre sa population, selon des diplomates.

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Cette nouvelle réunion -qui a duré à peine 45 minutes- n'a pas permis de faire de progrès apparents dans les discussions. Les ambassadeurs des cinq pays (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie) s'étaient déjà réunis mercredi, sans parvenir à conclure sur une résolution autorisant une intervention militaire en Syrie, Moscou et Pékin continuant de rejeter toute action contre Damas.

«La Syrie se défendra contre toute agression», a martelé auparavant Bachar Al-Assad, dont les propos ont été diffusés par la télévision officielle de Damas, où de nombreux habitants vivant dans la crainte de frappes aériennes plient bagages.

Même si le président américain Barack Obama, qui cherche à ne pas répéter les erreurs de Georges Bush en Irak, dit ne pas avoir encore pas pris de décision sur une éventuelle action en Syrie, son pays a déployé un destroyer supplémentaire face aux côtes syriennes, portant temporairement à cinq le nombre de navires équipés de missiles de croisière en Méditerranée orientale. De son côté, Londres a déployé six avions de chasse Typhoon sur l'une de ses bases à Chypre, à une centaine de kilomètres seulement des côtes syriennes.

«Coup de semonce»

Barack Obama a dit mercredi ne pas «encore avoir pris de décision» sur une frappe censée dissuader le régime «de ne pas recommencer» à utiliser des armes chimiques, évoquant «un coup de semonce». Le Canada, allié de Washington, a indiqué ne pas envisager de participer à d'éventuelles frappes.

Londres, qui a dit qu'il ne lancerait pas d'action militaire avant de connaître les conclusions des experts de l'ONU, a néanmoins affirmé qu'il «serait toujours autorisé» à mener «une intervention ciblée» en Syrie, même en cas de blocage au Conseil de sécurité, «en vertu de la doctrine d'intervention humanitaire». Le Premier ministre britannique David Cameron a reconnu devant les députés qu'«il n'y a pas 100% de certitude» sur la responsabilité de l'attaque présumée tout en redisant sa conviction qu'elle avait été menée par le régime. Les députés de son pays devaient se prononcer jeudi soir sur une motion du gouvernement prévoyant le principe d'une intervention en Syrie, mais l'opposition travailliste a décidé de voter contre.

Une riposte «compliquée», selon Hollande

A Paris, le gouvernement a expliqué que la riposte militaire était «compliquée à construire». Le président François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont eux aussi déclaré attendre les résultats de l'enquête des experts de l'ONU en Syrie. François Hollande a cependant insisté sur la nécessité de «marquer un coup d'arrêt par rapport à l'escalade de la violence».

Après les déclarations faisant croire à une action imminente ces derniers jours, des pays occidentaux dont la Grande-Bretagne ont dit vouloir attendre les résultats de l'enquête des experts de l'ONU sur l'attaque chimique présumée qui, selon l'opposition syrienne, a fait des centaines de morts. Parallèlement, les classes politiques en Europe s'interrogeaient sur le bien fondé de frappes contre le régime, en écho à la réticence généralisée des opinions publiques.

A Damas, les experts ont achevé jeudi une troisième visite sur les lieux après avoir prélevé mercredi des échantillons auprès des victimes de l'attaque chimique présumée dans des localités de la Ghouta orientale et de la Ghouta occidentale, dans la banlieue de Damas. Les experts «continueront leur enquête jusqu'à demain vendredi, et ils quitteront la Syrie d'ici samedi dans la matinée», a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, en plaidant de nouveau pour un règlement politique. Un porte-parole de l'ONU a précisé qu'ils ont recueilli «quantité» d'éléments sur place et feront un premier «compte-rendu oral» à M. Ban dès leur retour de Syrie, mais que les conclusions finales devraient attendre des analyses en laboratoire pouvant prendre des semaines.