Syrie: Impasse à l'ONU, Obama n'a «pas encore pris de décision»

SYRIE Selon Ban Ki-moon, les experts ont besoin de quatre jours pour boucler leur mission...

avec AFP

— 

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'exprime au sujet de la Syrie, le 25 août 2013.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'exprime au sujet de la Syrie, le 25 août 2013. — Evan Schneider/AP/SIPA

Mercredi, la question n'était plus vraiment de savoir si Washington comptait lancer des frappes aériennes contre la Syrie, mais quand. Dans une interview à la chaîne PBS, Barack Obama a cependant expliqué qu'il n'avait «pas encore pris de décision». Il a toutefois écarté l'idée «d'un engagement militaire directe», alors que les républicains lui demandent de présenter son plan aux citoyens américains.

Rusie et Chine sont sortis au bout d'1h15

A l'ONU, les membres permanents du Conseil de sécurité ne sont pas parvenus à s'accorder sur une résolution britannique justifiant une action armée en Syrie, Londres assurant qu'elle n'aurait pas lieu avant que les résultats de l'enquête  soient connus. La ligne de fracture entre ces cinq pays -Chine et Russie d'un côté, France, Royaume-Uni et Etats-Unis de l'autre- reflète fidèlement les positions de chacun sur le conflit qui a fait plus de 100.000 morts et poussé des millions de Syriens à la fuite depuis mars 2011.

Les ambassadeurs russe et chinois ont quitté la salle où se tenaient ces consultations à huis clos au bout d'une heure et quart. Les représentants des trois autres pays sont restés un peu plus longtemps mais sont sortis sans faire de déclaration. Selon le gouvernement britannique, le texte devait autoriser «toutes les mesures nécessaires en vertu du chapitre VII de la Charte de l'ONU pour protéger les civils contre les armes chimiques» en Syrie. Ce chapitre prévoit des mesures coercitives pouvant aller jusqu'à une opération militaire. Mais pour le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, une frappe provoquerait une «déstabilisation supplémentaire de la situation», tandis que l'Iran, autre allié de Damas, a jugé qu'une action militaire «serait un désastre pour la région».

>> Revivez les événements de mercredi en direct

Peu de temps après la fin de la réunion, le département d'Etat a fait savoir qu'il ne voyait «aucune issue possible» au projet britannique en raison de l'opposition de la Russie. Londres, pour sa part, a assuré qu'aucune action militaire n'aurait lieu avant la publication des résultats de l'enquête des inspecteurs de l'ONU sur place. «Le Conseil de sécurité des Nations unies doit avoir l'opportunité d'avoir ce compte-rendu et tous les efforts doivent être faits pour obtenir une résolution du Conseil de sécurité soutenant une action militaire avant qu'une telle action ne soit engagée», indique une motion qui doit être soumise jeudi au Parlement, à Londres.

Selon le patron des Nations unies Ban Ki-moon, les experts ont besoin de quatre jours pour boucler leur mission, avant de procéder à des analyses et de présenter leur rapport. Ces experts ont mené mercredi leur deuxième visite sur l'un des sites attaqués et effectué des prélèvements sanguins, d'urine et de cheveux auprès de victimes de l'attaque.

«Dissuader» Assad

Se disant convaincus de la responsabilité du régime de Bachar al-Assad dans cette attaque, Washington, Paris et Londres se sont déclarés prêts à agir, non pas pour le renverser mais pour le «dissuader» d'avoir de nouveau recours à des gaz toxiques dans la guerre civile. Face au bruit de bottes, le pouvoir syrien a démenti tout recours aux armes chimiques, accusé les rebelles et expliqué que les Occidentaux «inventent» des prétextes pour attaquer.
 

Selon les spécialistes, les raids éventuels seront menés avec des missiles Tomahawk embarqués sur des navires croisant en Méditerranée et/ou des chasseurs-bombardiers opérant hors de l'espace aérien syrien. Ils visent à envoyer un message au régime, pas à anéantir ses capacités militaires et à donner un avantage décisif à la rébellion lancée il y a plus de deux ans.

«Cimetière des envahisseurs»

Selon un responsable de l'opposition syrienne, Ahmad Ramadan, une possible frappe est une «question de jours» et parmi «les cibles éventuelles» figurent des aéroports, bases militaires et dépôts d'armes. Des discussions ont eu lieu selon lui à ce sujet entre opposants, rebelles et «pays alliés».
 

Face aux menaces occidentales, l'armée a commencé à se repositionner ces dernières 48 heures, notamment à Damas, Homs et Hama (centre), avec «des dizaines de sièges de commandement militaire et de commandement de brigades évacués pour se replacer ailleurs», selon une ONG syrienne.

Aux Etats-Unis, le site Internet du New York Times était de retour en ligne, au lendemain d'une cyber-attaque lancée par un groupe de pirates syriens soutenant le régime Assad.