Syrie: Quel rôle jouera la France?

Matthieu Goar

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Laurent Fabius, Jean-Marc Ayrault et François Hollande avant le Conseil de défense sur la crise syrienne, à l'Elysée, le 28 août 2013.
Laurent Fabius, Jean-Marc Ayrault et François Hollande avant le Conseil de défense sur la crise syrienne, à l'Elysée, le 28 août 2013. — Kenzo TRibouillard/AP/SIPA

Le téléphone de l’Elysée chauffe. Depuis quelques jours, François Hollande consulte, échange. Avec les chefs d’Etat de la zone [proche et Moyen-Orient] mais aussi et surtout avec Barack Obama et David Cameron, confie un proche à l’Elysée qui parle de contacts «intenses». «Nous devons désormais trouver la riposte appropriée», a expliqué le président de la République lors d'un Conseil de Défense qui s’est tenu à l'Elysée et a réuni quatorze hauts responsables, dont le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et trois ministres, Laurent Fabius (Affaires étrangères), Manuel Valls (Intérieur) et Jean-Yves Le Drian (Défense).

>> Lire l’interview d’Yves Boyer sur les spécificités de ce conflit à venir

Depuis les récentes attaques au gaz toxique contre la résistance syrienne, l’Elysée, sur la même ligne que Washington et Londres, considère que «la ligne rouge a été franchie». Alors que les enquêteurs de l’ONU rentrent dans quatre jours, l’intervention est donc imminente. La France devrait avoir un rôle central. «Sur un plan politique, nous sommes à la manœuvre et engagé à un point où il semble impossible de faire marche arrière», explique Alain Rodier du Centre français de recherche sur le renseignement.

Avoir les capacités de frapper

Jeudi, Hollande recevra ainsi Ahmad Al-Assi Al-Jarba, président de la Coalition nationale syrienne. Mais la France joue également un rôle au niveau du renseignement, un domaine essentiel alors que l’intervention pourrait consister en frappes de missiles sur des objectifs très précis, notamment contre les réserves et les vecteurs d’armes chimiques. «Les premières infos viennent de la résistance et sans doute d’Israël dont une délégation est arrivée, mardi, aux Etats-Unis. Mais, dans ce genre de situation, il y a un pot commun d’infos qui se crée entre pays capables d’avoir des données par exemples satellites dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne mais aussi la France et et l’Allemagne», poursuit Alain Rodier.

En voie de désengagement au Mali, l’armée française s’apprête donc à repartir au combat dans une intervention où seuls les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France pourraient intervenir. «Déjà, il faut avoir les moyens technologiques de lancer des missiles à l’extérieur de la limite de portée de la défense anti-aérienne syrienne; peu de pays peuvent le faire», décrypte Yves Boyer, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique. Alors que les Américains devraient déployer entre 300 et 400 missiles de ce type sur la zone (une cinquantaine sur chacun des quatre cuirassés, sans oublier ceux des sous-marins et lesm issikles aéroportés), la France pourrait sdonc frapper à partir des avions Rafale ou Mirage 2000. «Comparé aux Américains, cela pourrait être anecdotique», conclut Alain Rodier.