Poutine était représenté en sous-vêtements féminins: Une exposition interdite en Russie, le peintre part en France

avec AFP

— 

La directrice d'un musée privé qui avait exposé une toile montrant le président Vladimir Poutine et son Premier ministre Dmitri Medvedev en sous-vêtements féminins, saisie par la police à Saint-Pétersbourg, a été brièvement interpellée mardi, selon le fondateur du musée.
La directrice d'un musée privé qui avait exposé une toile montrant le président Vladimir Poutine et son Premier ministre Dmitri Medvedev en sous-vêtements féminins, saisie par la police à Saint-Pétersbourg, a été brièvement interpellée mardi, selon le fondateur du musée. — Olga Maltseva AFP

Un peintre russe a choisi ce mercredi de quitter la Russie pour la France après que la police a saisi son tableau montrant le président russe Vladimir Poutine et son Premier ministre Dmitri Medvedev en sous-vêtements féminins. Les autorités ont également fermé le musée qui l’exposait, à Saint-Pétersbourg.

Alertée «par un citoyen qui a estimé que les tableaux exposés étaient en infraction avec la législation russe», la police russe a saisi mardi quatre oeuvres du petit établissement privé baptisé «Musée du pouvoir», a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police, Viatcheslav Steptchenko.

Musée sous scellés

Les policiers étaient venus au musée armés de kalachnikov, a raconté à l'AFP Alexandre Donskoï, fondateur de l'établissement inauguré à la mi-août sur la perspective Nevski, en plein centre de l'ancienne capitale impériale (nord-ouest).

Le musée est désormais sous scellés et le peintre Konstantin Altounine, auteur des toiles, a fui la Russie et se trouve en France, a ajouté Alexandre Donskoï, ex-maire d'Arkhanguelsk (nord) passé à l'opposition qui avait été poursuivi et emprisonné après avoir fait état de ses ambitions présidentielles à l'élection de 2008.

«Les experts examinent actuellement» les toiles saisies, a précisé Viatcheslav Steptchenko sans préciser quelles lois russes cette exposition aurait pu violer.

Nuisette et soutien-gorge

La loi évoquée pourrait être celle, controversée, interdisant toute propagande homosexuelle devant des mineurs. Elle a récemment été promulguée par le président Poutine et qualifiée en Occident d'homophobe et de discriminatoire.

L'un des tableaux saisis intitulé «Travestis» représente Vladimir Poutine en nuisette coiffant Dmitri Medvedev, qui porte, quant à lui, un soutien-gorge. Un autre montre le député Vitali Milonov, auteur de la loi controversée pénalisant la propagande homosexuelle devant des mineurs se tenant debout devant un drapeau aux couleurs arc-en-ciel, symbole de l'homosexualité.

Un troisième, qui s'intitule «Le Parti communiste de l'Union soviétique dans l'Eglise orthodoxe», montre le visage du patriarche russe Kirill tatoué sur le corps d'un criminel à côté d'un autre tatouage à l'effigie de Staline.

«Il y a trop de punaises»

Le fondateur du musée Alexandre Donskoï a accusé le député Milonov d'être à l'origine de la fermeture du musée.  «Il a visité l'exposition il y a quelques jours puis est revenu hier (mardi) soir avec la police», a déclaré Alexandre Donskoï.

Cité par les médias locaux, le député Milonov a expliqué qu'il ne voulait pas être peint «avec un drapeau brandi par des pervers et des sodomites séropositifs».

Interrogé par la radio Echo de Saint-Pétersbourg, Milonov a estimé qu'il avait ainsi «sauvé» l'administration du musée de ceux qui voulaient «leur casser la gueule». «Il y a trop de punaises, il est temps de les exterminer», a-t-il ajouté faisant allusion aux libéraux et aux homosexuels.