Une frappe sur la Syrie se précise, le régime promet de se défendre

SYRIE Le régime de Bachar Al-Assad est accusé par la communauté internationale d'avoir attaqué à l'arme chimique la population syrienne...

avec AFP

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Des soldats syriens se déploient dans la ville de Jobar le samedi 24 août 2013.
Des soldats syriens se déploient dans la ville de Jobar le samedi 24 août 2013. — STR / AFP

Une frappe contre le régime syrien, accusé d'avoir utilisé des armes chimiques dans sa guerre contre les rebelles, semblait imminente mardi, Washington et ses alliés préparant le terrain pour une action militaire contre laquelle Damas a promis de se défendre. «Le régime syrien est responsable de l'usage d'armes chimiques le 21 août près de Damas, cela ne fait pas de doute», a déclaré le porte-parole du président américain Barack Obama, Jay Carney, qui a promis la publication d'un rapport du renseignement le prouvant d'ici à la fin de la semaine.

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Plus tôt, le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a indiqué que son pays avait «positionné des éléments pour être capables de répondre à toute option choisie par le président» Obama. «Nous sommes prêts à y aller», a-t-il assuré. L'intervention serait limitée à une campagne ponctuelle de quelques jours par le biais de tirs de missiles de croisière Tomahawk depuis les quatre destroyers croisant au large de la Syrie, ont affirmé à l'AFP plusieurs responsables américains. L'objectif n'est pas de changer le rapport de forces entre les rebelles et le régime mais de «dissuader» le président syrien de recourir de nouveau aux armes chimiques, selon des responsables américains.

Le Premier ministre britannique David Cameron a également affirmé qu'une telle intervention viserait «à réduire les capacités d'utilisation» d'armes chimiques du régime. Londres a indiqué que l'armée britannique se préparait à l'éventualité d'une action militaire, soulignant également que la Grande-Bretagne «n'essaie pas de renverser» le régime syrien. David Cameron a convoqué le Parlement pour un vote jeudi sur «la réponse du Royaume-Uni aux attaques à l'arme chimique» présumées.

La France s'est elle déclarée «prête» à intervenir militairement aux côtés de ses alliés pour «punir» le régime syrien accusé d'avoir «gazé» sa population, le président François Hollande disant que son pays prendrait sa décision «dans les prochains jours». François Hollande s'entretiendra jeudi à Paris avec le président de la Coalition nationale syrienne (opposition), Ahmad al-Jarba.

«Une question de jours»

L'opposition syrienne a aussi indiqué qu'il s'agissait d'un «question de jours», selon Ahmad Ramadan, membre du comité politique de la Coalition de l'opposition, basé en Turquie. Il a fait état de «rencontres entre la Coalition, l'Armée syrienne libre (rébellion) et les pays alliés durant lesquelles sont discutées les cibles éventuelles», dont des aéroports, des bases militaires et des dépôts d'armes.

Le régime syrien a, lui, martelé qu'il se défendrait en cas de frappe.

«Nous avons deux options: soit nous rendre, soit nous défendre (...) Le seconde alternative est la meilleure», a affirmé le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem. «Nous avons des moyens de défense qui vont surprendre». Selon lui, une intervention militaire «servira les intérêts d'Israël et en deuxième lieu du Front al-Nosra», groupe armé jihadiste combattant avec les rebelles et qui a prêté allégeance à Al-Qaïda. Il a en outre «défié» ceux qui veulent frapper la Syrie «de montrer ce qu'ils ont comme preuves» concernant un éventuel usage d'armes chimiques par le régime.

Principal allié de la Syrie, Moscou a prévenu qu'une intervention militaire aurait des conséquences «catastrophiques» pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Autre allié de Damas, l'Iran a averti qu'une action militaire menacerait «la sécurité et la stabilité de la région». L'Arabie saoudite, appui de poids des rebelles, a en revanche appelé à une action «ferme et sérieuse» contre le régime, alors que la Ligue arabe a accusé Damas d'avoir mené l'attaque présumée à l'arme chimique. Israël a pour sa part promis une riposte «violente» si Damas attaquait le territoire israélien.

Alors que de hauts responsables militaires de pays occidentaux et de la région étaient réunis à Amman pour des discussions au sujet «des scénarios» possibles sur la Syrie, un haut responsable jordanien a cependant affirmé que son pays ne serait pas une «rampe de lancement» pour une intervention militaire.