Pour la Russie, une intervention en Syrie aura des conséquences «gravissimes»

MONDE Le chef de la diplomatie russe a eu au téléphone son homologue américain, John Kerry...

avec AFP

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La Chine et l'Inde ont apporté leur soutien à l'entrée de la Russie dans l'organisation mondiale du commerce (OMC), selon un communiqué conjoint des ministres des Affaires étrangères des trois pays.
La Chine et l'Inde ont apporté leur soutien à l'entrée de la Russie dans l'organisation mondiale du commerce (OMC), selon un communiqué conjoint des ministres des Affaires étrangères des trois pays. — Yuri Kadobnov AFP/Archives

La Russie a mis lundi en garde les Etats-Unis contre les conséquences «extrêmement graves» d'une possible intervention militaire en Syrie au cours d'un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry.

«Sergueï Lavrov a attiré l'attention de son interlocuteur sur les conséquences extrêmement graves d'une possible intervention militaire pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord où des pays comme l'Irak ou la Libye sont toujours déstabilisés», selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

Par ailleurs, ce lundi matin, le dirigeant syrien a estimé que les accusations occidentales étaient «insensées» concernant un possible recours à des armes chimiques.

«Ne pas céder aux provocations»

 

La Russie «est très inquiète» par les récentes déclarations américaines selon lesquelles Washington est prêt à «intervenir» dans le conflit syrien, a souligné le chef de la diplomatie russe. Dans ce contexte, «la Russie appelle à s'abstenir de faire pression sur Damas, ne pas céder aux provocations et tenter de créer des conditions normales pour que la mission de l'ONU puisse mener une enquête minutieuse et impartiale sur place», selon le communiqué.

La Russie est l'un des dernies soutiens du régime du président Bachar al-Assad auquel elle vend des armes.

Pas d'intervention militaire

De son côté, John Kerry a estimé avoir «très peu de doutes» quant à une attaque à l'arme chimique par la Syrie le 21 août», a rapporté un diplomate, responsable du département d'Etat. Il a estimé auprès du secrétaire général de l'ONU et de ses homologues britannique, français, canadien et russe que «si le régime syrien voulait prouver au monde qu'il n'avait pas eu recours à des armes chimiques au cours de cet incident, il aurait cessé ses bombardements dans cette zone et offert un accès immédiat à l'ONU il y a cinq jours».

Pour autant, la Maison Blanche a démenti dimanche soir des informations du quotidien britannique Telegraph affirmant que Washington et Londres s'apprêtaient à lancer une opération armée commune «dans les prochains jours». «Le président (Obama) n'a pas décidé d'engager une action militaire», a assuré un responsable de la présidence américaine.