Egypte: Le ministre américain de la Défense appelle à la réconciliation

avec AFP

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La police égyptienne a été frappée lundi par l'attaque la plus meurtrière depuis des années dans le pays avec au moins 25 morts dans le Sinaï, en pleine crise entre l'armée et les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi.
La police égyptienne a été frappée lundi par l'attaque la plus meurtrière depuis des années dans le pays avec au moins 25 morts dans le Sinaï, en pleine crise entre l'armée et les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi. — Gianluigi Guercia AFP

Après les violences qui ont fait près de 800 morts en Egypte en cinq jours, le chef de la toute-puissante armée et nouvel homme fort du pays a juré que l'Egypte ne «cèderait» pas face à la «violence» des islamistes, tandis que les représentants des 28 Etats membres de l'UE devaient se réunir lundi à Bruxelles pour se pencher sur la crise égyptienne.

Le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, qui s'exprimait pour la première fois dimanche depuis le carnage de mercredi (600 morts) devant des centaines d'officiers de l'armée et de la police, a promis aux islamistes qui ont choisi la violence une riposte «des plus énergiques», sans considération apparente pour le tollé déclenché dans les pays occidentaux dont certains parlent de «massacres».

Une réunion à Bruxelles ce lundi

Lundi à Bruxelles, en prélude à une possible réunion des ministres des Affaires étrangères, se tiendra une première rencontre diplomatique de haut niveau pour examiner la situation en Egypte.Dimanche, les dirigeants de l'Union européenne, Herman Van Rompuy et Jose Manuel Barroso, ont averti le gouvernement égyptien que l'UE était prête à «réexaminer» ses relations avec l'Egypte s'il n'était pas mis fin aux violences. Ils estiment que la responsabilité d'un retour au calme incombe à l'armée et au gouvernement.

Au Caire, dans ce qui apparaît être un geste d'apaisement, le gouvernement a interdit les «comités populaires», ces milices de jeunes armés prenant pour cible au Caire tous ceux dont ils pensent qu'ils sont des islamistes --hommes portant la barbe ou femmes intégralement voilées-- ainsi que les journalistes étrangers qu'ils accusent de défendre le camp du président Mohamed Morsi, déposé par l'armée. Après les avoir laissés agir pendant des jours, le gouvernement les a accusés dimanche de mener des actions «illégales».La police égyptienne a aussi annoncé le décès dimanche de 36 détenus islamistes, asphyxiés par du gaz lacrymogène pendant une tentative d'évasion selon la police égyptienne.

Ces 36 détenus, tous des Frères musulmans, la confrérie de Mohamed Morsi, ont péri asphyxiés par les grenades de gaz lacrymogène tirées dans le camion qui les transportait dans l'après-midi vers une prison près du Caire, parce qu'ils avaient kidnappé un officier de police et tentaient de s'évader, a affirmé le ministère de l'Intérieur. Le convoi transportait plus de 600 prisonniers islamistes.Les Frères musulmans ont pour leur part révisé à 35 le nombre de prisonniers tués, alors que l'Alliance contre le coup d'Etat, qui organise les manifestations, avait auparavant dénoncé un «assassinat» et parlé de 52 détenus tués.