Egypte: Les islamistes appellent à de nouvelles manifestations

MONDE Malgré la sanglante répression...

avec AFP

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Un soldat pointe son arme sur la foule de manifestants, devant la mosquée Al-Fath, au Caire, le 17 août 2013
Un soldat pointe son arme sur la foule de manifestants, devant la mosquée Al-Fath, au Caire, le 17 août 2013 — Mohamed El-Shahed AFP

Les islamistes ont appelé à des manifestations dimanche en Egypte au lendemain de l'évacuation houleuse d'une mosquée du Caire où étaient retranchés des centaines de manifestants, faisant craindre de nouvelles violences après quatre jours de heurts qui ont fait plus de 750 morts.

Au total, 385 personnes qui se trouvaient à l'intérieur de la mosquée Al-Fath, évacuée samedi par les forces de l'ordre après une nuit de siège, ont été arrêtées, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Les partisans du président islamiste Mohamed Mordi, destitué par l'armée le 3 juillet, ont appelé à de nouvelles manifestations dimanche après-midi au Caire, pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme un «coup d'Etat».

Etat d'urgence et couvre feu

Malgré leur appel à des protestations désormais quotidiennes, aucune manifestation n'a été signalée samedi dans le pays, même si quelques rassemblements ont eu lieu dans la soirée.

A Alexandrie (nord), des affrontements ont opposé des manifestants islamistes à d'autres civils, selon l'agence officielle Mena, dont l'information n'a pas pu être vérifiée dans l'immédiat.

L'état d'urgence et un couvre-feu nocturne restent en vigueur dans le pays, devenu un véritable champ de bataille depuis la dispersion dans le sang mercredi au Caire des campements des partisans de M. Morsi, premier président démocratiquement élu du pays.

La mosquée totalement évacuée

Devant la mosquée Al-Fath dans le centre du Caire, un journaliste de l'AFP a vu samedi des policiers faire sortir de force sept ou huit hommes et tirer pour disperser une foule de résidents en colère, massés à l'extérieur, qui a violemment frappé les hommes à coups de bâtons et de barres de fer.

Selon l'agence officielle Mena, des tireurs ont ouvert le feu à la mi-journée sur les forces de l'ordre depuis le minaret de la mosquée.

Les policiers et les militaires ont immédiatement répliqué, selon le journaliste de l'AFP avant de tirer des grenades lacrymogènes et de prendre d'assaut la mosquée. En fin d'après-midi, des sources de sécurité ont affirmé que la police avait évacué la mosquée.

Depuis vendredi soir, décrétée journée «de la colère» par les pro-Morsi, de nombreux manifestants, dont des femmes, s'étaient réfugiés dans la mosquée. Plus d'un millier s'y trouvaient toujours quand la police est intervenue, selon les Frères musulmans, l'influente confrérie de l'ex-chef de l’État.