La France «préoccupée» par la loi russe réprimant la propagande homosexuelle

POLITIQUE Pour la ministre des Sports, cette loi «remet en cause de facto la liberté d'expression de toute personne, qu'elle soit LGBT ou non»...

avec AFP

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La ministre des Sports Valérie Fourneyron, le 25 juillet 2013.
La ministre des Sports Valérie Fourneyron, le 25 juillet 2013. — ALAIN ROBERT/APERCU/SIPA

La France est «préoccupée» par une loi russe interdisant la propagande de l'homosexualité, à l'origine d'appels au boycott des JO de Sotchi en 2014, un texte remettant en cause la liberté d'expression, a déclaré ce lundi la ministre des Sports, Valérie Fourneyron.

A l'issue d'entretiens avec son homologue russe Vitali Moutko à Moscou, Valérie Fourneyron a souligné que la France était «très clairement opposée à toute discrimination fondée sur l'orientation sexuelle».

Jusqu’à 15 jours de détention

«J'ai pu dire à mon homologue que la France était préoccupée par l'adoption, la mise en oeuvre de la loi russe relative à la propagande sur les relations sexuelles non traditionnelles vis-à-vis des mineurs, qui remet en cause de facto la liberté d'expression de toute personne, qu'elle soit LGBT (lesbienne, gay, bisesexuelle, transsexuelle) ou non, qui souhaiterait s'exprimer sur ce sujet», a déclaré Valérie Fourneyron dans un entretien téléphonique à l'AFP.

Le président russe Vladimir Poutine a promulgué en juin un texte de loi qui sanctionne tout acte de «propagande» homosexuelle devant les mineurs. Les étrangers risquent une amende de 100.000 roubles (2.300 euros) maximum, jusqu'à 15 jours de détention et l'expulsion du pays.

Le texte est jugé discriminatoire par les défenseurs des droits de l'homme et a déjà suscité de nombreuses critiques à travers le monde, à six mois des jeux Olympiques à Sotchi, dans le sud de la Russie.

La question du boycott des JO «très prématurée»

Un site «Boycott Sochi 2014», créé sur Facebook par la communauté homosexuelle, a déjà recueilli des milliers de signatures, et des défenseurs de la cause gay ont appelé à boycotter la vodka russe. 

La ministre française a pour sa part estimé que l'idée d'un boycott des jeux de Sotchi, rejetée par le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron, était une question «pour le moins très prématurée». «Nous pensons aujourd'hui qu'il est beaucoup plus de notre devoir de continuer les uns et les autres à sensibiliser les autorités russes» aux problèmes créés par cette loi, a ajouté Valérie Fourneyron.

«J'ai vraiment voulu rappeler aux autorités russes combien il était indispensable de respecter les engagements pris par la Russie, tant à l'échelle internationale qu'à l'échelle européenne, puisqu'elle a adhéré à la Convention.