Des pilotes de Ryanair s’inquiètent du manque de transparence sur la sécurité

AVIATION Selon un sondage auquel ont répondu près d’un tiers des commandants et copilotes...

avec AFP

— 

Illustration: Un avion Ryanair en janvier 2008 à Charleroi, en Belgique.
Illustration: Un avion Ryanair en janvier 2008 à Charleroi, en Belgique. — CLOSON/ISOPIX/SIPA

Les pilotes de la compagnie aérienne irlandaise Ryanair s'inquiètent du manque de transparence concernant la sécurité des vols, selon un sondage interne révélé ce lundi par la chaîne de télévision britannique Channel 4 et aussitôt contesté par la direction de l'entreprise .

Une grande majorité de pilotes de Ryanair (88,8%) considère que la compagnie n'a pas «une culture de la sécurité ouverte et transparente», selon une enquête de l'association The Ryanair Pilot Group (RPG) à laquelle ont répondu 1.093 commandants et copilotes - soit près d'un tiers des effectifs. Ils sont plus nombreux (93,6%) à réclamer une enquête indépendante concernant l'impact sur la sécurité des vols des conditions d'emploi au sein de Ryanair.

Des contrats «zéro heure»

Selon Channel 4, qui révèle ce sondage et consacre lundi soir une émission à la compagnie à bas coûts, une grande majorité des pilotes sont en effet employés selon des contrats «zéro heure». Ils ne peuvent travailler que pour Ryanair mais n'ont pas de minimum de travail garanti chaque mois et sont payés seulement lorsqu'ils volent.

Le sondage a été lancé à la suite d'une menace de la direction de Ryanair de renvoyer les pilotes qui signent une pétition appelant les régulateurs du secteur aérien en Irlande et en Europe à se pencher sur la sécurité.

Une étude «dépourvue d’indépendance» pour Ryanair

Un porte-parole de Ryanair a pour sa part souligné le «bilan de sécurité exceptionnel en 29 ans» d'activité de la compagnie aérienne et a estimé que le RPG n'était pas représentatif, puisque ses dirigeants travaillent pour des concurrents comme KLM ou Aer Lingus.

L'étude est «dépourvue d'indépendance, d'objectivité et de fiabilité», a-t-il estimé.